…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Apocalypses

mise en ligne : jeudi 19 octobre 2017

16 octobre 2017

C’est par BookWitty que je relis des vieux livres de S.F., récemment sur le monde d’après l’apocalypse, non pas l’apocalypse elle-même et ses causes, mais l’après, l’oubli, la mémoire, une autre civilisation après, autrement, peut-être autrement. Et aujourd’hui l’idée qu’il n’y a pas d’explosion finale, mais une lente progression jusqu’à un point à partir duquel l’on descend une pente invisible, un point insensible, un chemin sans retour que l’on ne sait pas avoir pris, mais qui nous emporte, inexorablement.

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Je pensais tenir bon l’année avec mes petits compte-rendus de lectures sur 1917, à cent ans d’écart, à quelques jours près ; et puis j’ai abandonné. Je constate que dans la presse tout le monde n’a pas abandonné, après la salve de février, a suivi une salve d’octobre et je n’ai pas eu le courage d’ouvrir tous les magazines pour découvrir leurs analogies bancales, leurs précautions prises, leurs circonvolutions pour expliquer que c’était un autre temps et qu’aujourd’hui tout est pris en charge pour un monde meilleur même s’il est imparfait. En février la tendance était à rendre le gouvernement de Kérensky plutôt sympathique, qui essaye, n’y arrive pas, tout est contre lui, c’est la démocratie parlementaire et c’est toujours mieux que la prise de pouvoir surprenante et irréfléchie d’octobre ! L’idée de dire que le peuple ne sait pas, est incapable, inculte, et doit observer le spectacle.

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Deux hommes-requins chuchotaient sur un radeau de fortune. Ils parlaient très bas pour ne pas réveiller l’océan et les fantômes noyés au fond des ruines d’anciennes villes. Ils complotaient contre le ciel, ils écopaient la fosse d’oubli, ils complotaient contre le complot ; un à un, ils débranchaient tous leurs câbles.

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Le sentez-vous ce souffle ? Sentez-vous passer dans votre dos le vent de la chute des premiers de cordée tandis que vos mains s’agrippent en vain à la roche déjà friable ? Ouvrons leurs mousquetons ! Libérons-les de la cordée trop lourde pour eux à porter et faisons-les tomber !

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Si La crise matraque les pauvres, qui caillassera les riches ?

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