…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

Parole remontée

mise en ligne : dimanche 10 décembre 2017

6 décembre 2017

Il avait peur du châtiment.
Non.
Il faut bien que le châtiment serve à quelque chose.
Il faut bien qu’il serve à effrayer les criminels.
Mais justement le châtiment n’a jamais effrayé les criminels.
Les criminels qui se sont arrêtés par peur du châtiment sont les mauvais criminels, les faux, les soi-disant, ceux qui n’ont pas réellement envie de tuer, ceux qui n’aiment pas voir le sang.

— Vingt minutes de silence, Hélène Bessette. Nouvel Attila, 2017.

Autre extrait :

*

À chaque lune, les veaux galactiques regagnaient les tunnels menant à l’ombre des chênes rouges du Vermont. Là, au pied d’un sapin mort il y a longtemps, un nuage attendait son heure, il sentait l’algue sèche et un squelette lui poussait sur les restes d’anciens octets. On racontait qu’il allait mettre fin au règne de l’Homme.

*

J’ai commencé à programmer quelque chose pour #Hh, dix minutes de texte à l’écran, avec voix et son. Tout le livre ne tiendrait pas dans cette mise en forme, mais pourquoi pas, pour en faire quelque chose. Mais il est trop tôt sans doute il manque tout une partie, à disséminer dans le livre, que je viens à peine d’entamer et autour de laquelle je tournais. En terme de code, j’ai exploré quelques possibilités pour les derniers Entendre/Voir, avec de l’image.

Dans les choses à faire : écrire une nouvelle par mois pour qui veut me soutenir via Tipeee et j’ai un gros souci : je ne suis pas notifié... Bon, il y a peu de monde, mais tout de même, si je ne pense pas à aller voir, comment savoir si je dois une contrepartie à quelqu’un ?

*

D’où remontent les voix ?
Les hommes sont en bas au fond des gorges. Avec les villages et les langues. Comment se fait-il que la parole puisse monter après saluer le soleil et refuser les silences complices, puisse monter jusque là-haut la désolation. Le désir fou de la parole : remonter les cascades et se perdre au désert pendant que des mots crachouillent et gigotent dans des grottes et des bibliothèques. Oui remonte-t-il le récit des conflits pour s’offrir inutilement sur un désert aux grands oiseaux de proie ? Au ciel vide et splendide ? À l’amour infini qui n’existe que dans les solitudes sous les ciels brasseurs furieux du vide ?

— Le Buffre, Caroline Sagot Duvauroux. Trouvé dans la l’E dans l’O la "pauvre revue" de Christine Jeanney.
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