…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

Autorité ineptie

mise en ligne : lundi 10 septembre 2018

20 août 2018

Arendt : "s’il faut vraiment définir l’autorité, alors ce doit être en l’opposant à la fois à la contrainte par force et à la persuasion par arguments."

La petite phrase de Macron aux étudiants américains, "don’t follow the rules", a été moquée et retournée contre lui. Ce que signifie cette phrase, venant d’un président censé incarner l’action noble et importante qui consiste à régir l’ensemble du corps social, c’est qu’il met fin à l’autorité, ou si elle a déjà pris fin il le rappelle, le souligne, se revendique d’une non-autorité, lui-même n’en suivant aucune, ni morale, ni démocratique, il se libère du devoir d’autorité. De fait il ne reste plus rien, plus l’autorité de la connaissance, de la justice, tout cela il le balaie d’une petite phrase qui cache en réalité toute sa politique qui ne peut s’appliquer par l’autorité mais par la force, comme il l’a souvent démontré dans la rue, comme le 1er mai 2018 et toutes les violences policières contre le mouvement étudiant ou la ZAD. Cela parce que le régime que nous connaissons, quel que soit le nom qu’on lui donne ou celui qui le reflète le mieux (démocratie parlementaire, capitalisme, Vé République) offre à celui qui le reçoit un pouvoir sans légitimité. C’est parce que ce régime, tout puissant qu’il est de fait, étant tout du point de vue politique, pratique, car il exécute et légifère, n’est rien d’un point de vue de la pensée : il doit s’imposer par la force la plus brutale et rejeter les règles qui l’obligeraient à reconnaître son inaptitude au pouvoir légitime, rejeter les règles qui montreraient sa réelle et littérale ineptie. Alors il cogne et expose des éléments de langage.

Mots-clés

Hannah Arendt   philosophie   politique  
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