…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

Écomoutons de nos régions surpeuplées et irrespirables

mise en ligne : samedi 24 novembre 2018

21 novembre 2018

Dans les villes passagères, nous avons des écomoutons. Pas comme ces moutons de montagne qui abîment le paysage de leur présence rapportée, bassement broutant comme des bêtes. Non, des écomoutons, ils sont verts et mésologiques, parcourent les périphériques, les campus, les zones polluées et dangereuses de la ville pour la rendre enfin belle et vivable par leur broutage responsable — pardon : écoresponsable.

Vous voulez améliorer le monde, lutter contre le réchauffement climatique ? Tuez un mouton, et achetez un écomouton.

Vous vivez dans un quartier ? Achetez un écomouton et vivez désormais dans un écoquartier.

Vous vous ennuyez au campus ? Sachez qu’il s’agit grâce au travail de broutage de ces écomoutons, d’un écocampus.

Nous sommes sapiens et un jour peut-être dans dix mille ans nous serons devenus une nouvelle espèce, eco-sapiens vivant enfin en harmonie et en paix avec sa planète et ses habitants. En attendant le mouton a un coup d’avance sur nous avec spéciation écomouton, suivons-le.

Celui-ci est pris en photo autour de l’écobibliothèque Georges Perec et il transforme chaque ouvrage des rayonnages en écoroman, écoessai, écopamphlet.

L’écomouton du périphérique parisien, j’aimerais en voir, un jour. Sa sagesse doit être infinie, d’être capable de brouter sur le plan incliné d’herbes jaunies, entre deux fois trois voies d’automobilistes devenus, par son écoprésence, écomobilistes. Je repense au stress qui était le nôtre quand nous conduisions sur ces routes dangereuses, vacarmantes, sans la présence apaisante et utile des écomoutons, qui doivent se sentir bienheureux d’être là, désormais, pour nous.

Braves bêtes.

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