…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Fiction numérique

mise en ligne : jeudi 18 mars 2010

Comme si tout commençait comme par erreur.

Par exemple, cette connexion qui, alors que je tape ces mots là, que vous lisez, disparaît.

"Pas de connexion disponible", et pourtant je suis connecté, je le vois bien, des octets passent.

A y bien regarder, l’indicateur de batterie est comme celui du réseau : à zéro, mais l’écran brille toujours.

Je suis donc là, déconnecté mais envoyant ces caractères, ils semblent bien partir du clavier, mais pour aller où ?

Maintenant, l’écran s’éteint. Sous les touches, je sens que ça continue à tourner, les octets, les octets quittent le clavier et partent dans le câble, ou dans l’air, le réseau est bien là.

Je tape et je ne crois pas, dans ce sombre, faire de coquille, alors je continue, assuré ; comment savoir la portée de ces énergies qui quittent mes doigts, par les touches ?

Cris d’oiseaux dans l’obscurité.

Les leds de mon clavier ne fonctionnent plus, plus rien ne bouge, plus de bruit, que les doigts que je continue d’envoyer frapper les touches.

S’éloigner, de la ville même. Jusqu’au terminus d’un RER, puis, de là, prendre un bus, aller jusqu’à son terminus, puis marcher jusqu’à un champ, puis un autre où le blé pousse frileusement.

Je trouve enfin un lieu sans bâtiment à proximité. Sans lampadaire, rien que la nuit, des bruissements d’ailes d’oiseaux silencieux, le souffle du vent et la terre.

A même la terre, je pose là l’ordinateur, qui n’a plus de batterie, dont l’écran éteint est brisé par le froid.

Je devine les signes, leur départ.

Je devine car même les touches ont disparu maintenant. Le sombre est complet, je suis moi-même dans le vide. Qu’y a-t-il là ?

Plus d’écran, simplement des présences numériques. Continuer d’écrire.

A même la terre, il suffit de poser les doigts.

Et quoi alors ? Juste l’impression qu’il suffit de parler à la terre, à la nuit, aux bruissements des ailes d’oiseaux silencieux, au froid, au vent, pour transmettre des mots, ces mots.

Se rendre compte alors que, comme des oiseaux silencieux, seules nos ailes bruissent quelquefois d’une exaltation ténue dans le vent sombre.

Mots-clés

MouLiN   éléments   écrire   nuit  
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