…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Michon, Pierre. La Grande Beune.

mise en ligne : mercredi 21 avril 2010

Page 12.

On entendit démarrer des mobylettes. La nuit par la porte restée ouverte était trouble, immobile : la pluie galopait ailleurs, il y avait du brouillard maintenant. "C’est Jean le Pêcheur", dit Hélène, avec un petit mouvement de la tête vers ce brouillard où détalaient des moteurs grêles ; son geste était si vague qu’elle aurait pu aussi bien nommer le brouillard. Elle souriait. Ses rides dans ce sourire s’ordonnaient à merveille. Elle ferma sa porte, tripota des interrupteurs, tout s’éteignit, me levant je dormais déjà, j’étais n’importe où, dans des pays où les renards passent dans les rêves, et au cœur du brouillard des poissons qu’on ne voit pas sautent hors de l’eau, y retombent avec un bruit mat, au fin fond de la Dordogne, c’est-à-dire nulle part, en Valachie.

Pierre Michon. La Grande Beune. Éditions Verdier, 1996.

Mots-clés

nuit   campagne   Pierre Michon  
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