…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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(Collectif, Vases Communicants mai 2010)

mise en ligne : mercredi 12 mai 2010

Jean Prod’hom chez Arnaud Maïsetti, Hors jeu.

"On se lève donc parce qu’on sait que ce soir, pour autant qu’on y parvienne, on pourra retourner dans le tambour de la nuit qu’on aurait voulu ne pas quitter, pour y être à nouveau enfermé, tourné, retourné, préservé, lavé. On se lève donc en sachant qu’on n’ira nulle part. On fera pourtant comme si on en était et personne n’en saura rien. On se fera petit, tout petit, invité surnuméraire : ne toucher à rien, n’entrer en matière sur rien avec qui que ce soit, demeurer muet calé dans l’ombre, mais y demeurer avec tous les égards que le rien doit à ce qui est et à ceux qui s’y sont embarqués. A bonne distance, ne pas en être, refuser toute invitation et survivre jusqu’au soir. Un sourire ici, un autre là, une politesse en guise de viatique, pas plus, pour ne pas casser."

*

Anthony Poiraudeau chez Loran Bart, Notes à propos de l’épaisseur du nord.

"Le nord est une notion abstraite, issue d’une compréhension de l’espace comme étendue homogène, mesurable et quantifiable. Le nord n’en implique pas moins concrètement les lieux dans leur matérialité, leur singularité et leurs contingences.

Chaque lieu du monde a un nord, alors le nord est partout.

On peut dire qu’il est un lieu, nommé pôle, où convergent tous les trajets en direction du nord, et donc qu’un lieu dispose d’une place supérieurement nordique dans le dispositif septentrional. Ce lieu, pôle, ne tire pas ce statut singulier d’une irrégularité qui lui serait propre, mais d’une compréhension quantitative de l’espace supposé homogène.

Ainsi, le nord n’a pas de lieu.

J’imagine un lieu, région ou continent délimité, qui contiendrait le nord, qu’on appellerait Nord, et qui serait septentrional par nature. Qualitativement septentrional. Il serait une abstraction faite matière, faite lieu, faite distance et étendue. Une abstraction physiquement arpentable."

"[...]c’est comme déplier une feuille que l’on avait cru lisse et dont on ignorait que tout en elle participait de replis."

*

Urbain trop Urbain sont chez Liminaire., Avec vue sur la baie.



Hello ? Is there anybody in there ? Room service.
15h32 — dans la clairière de tes yeux
17h06— au bord de l’arène d’acier

Et réciproquement, Tremblement sans fin.

*

Kill me Sarah chez François Bon, Contre basse.

"Il a demandé la pénombre car il n’a pas l’habitude d’être en avant comme cela. Sur scène, ses solos sont toujours courts et incisifs. Généralement il laisse Coltrane et McCoy Tyner déverser leur flot de notes. Les bassistes sont des gens discrets d’une manière générale. Peut être encore plus les contrebassistes, cachés derrière leur gros instrument. Le choix de l’instrument n’est jamais le fruit du hasard. Même dans le rock ce sont souvent des discrets, des timides."

*

Juliette Zara chez Florence Noël, Méditation.

 

j'ai cru voir

colline sans visage

 

tes yeux

 

auprès des fleuves

esquissés

 

ils psalmodiaient

colline

le long

de ta voix

 

ébréchée

par le vent


*


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