…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Karmouschwangi

mise en ligne : mardi 2 janvier 2018

Province du Murmsk

200 000 habitants (Karmouschwans)

38 km²

Ville à voir ***

GÉNÉRALITÉS

Karmouschwangi (prononcer kar-mou-chou-an-guil) est bâtie sur le flanc du Schwang, volcan éteint depuis 1512. La ville naît à la manière d’une source, à mi-hauteur de la montagne, et coule en s’élargissant jusqu’à sa base, où elle se répand comme une flaque de lave enserrant le versant sud du volcan. La partie inférieure est la plus ancienne. Vous reconnaîtrez l’architecture tout en volume, voûtes et colonages, que les Krmos ont bâtie dès 1151. L’endroit fut choisi pour la position stratégique qu’il offre sur la vallée Sud, et pour la protection naturel du volcan à l’opposé, il devint naturellement le siège de toutes les guerres contre les barbares venant du Nord.

La partie haute de la ville a été construite par les Ourms à partir de 1221. Ce peuple nomade parcourait le pourtour Murmskaklien en effectuant une migration d’un an tous les onze ans. En 1211, pendant la Cent Onzième Migration, une partie du peuple a décidé que le moment était venu de s’établir conformément à la prophétie de Philgar Le Bourru que l’on peut traduire par : « Quand volcan fumerolera, t’établiras. » Les Ourms Intégristes du Voyage ont refusé catégoriquement cette prophétie qui allait à l’encontre de plus d’un millénaire de voyage, et sont partis vers le Nord. Les Krmos ont accueilli ce peuple à bras ouverts, en faisant de lui un allié. Ils lui ont offert une zone constructible sur la montagne. Ainsi, la ville de Krml s’est transformée en Karmouschwangi (la lettre « a » insérée et le « l » disparu ont pour origine l’accent des Ourms qui ne pouvaient prononcer ni « Krmo » ni « Krml »), la ville double, dans laquelle les deux peuples se sont vite confondus pour s’appeler les Karmouschwans, tout en gardant, génération après génération, leurs particularités, leurs places dans la ville, et surtout leur forte amitié.

CURIOSITÉS

La Rue des Mille Marchands***, à Karmouschwangi le Haut. Première rue construite par les Krmos, allongée par les Ourms, pavée ocre et bleu rivière. Il y a en réalité plus de 2800 commerces, restaurants, bars, artisans, tatoueurs, portraitistes-sculpteurs sur lave, calligraphes, enfileurs de perles, botanistes, souffleurs de contes, siffleurs de verre, jongleur d’hamster, voyants, voyeurs, aspirants rieurs, maîtres rideurs, apprentis rigoristes, savants plagiaires, inconnus inspirateurs, sans compter les marchands ambulant, et ceux tintinnabulant, les revendeurs ondulant, et les refourgueurs de stimulants, le tout sur une longueur de seulement deux kilomètres.

Vous découvrirez en particulier les magasins-escaliers, dont le bois ou le marbre bleu de Dipla sont finement ouvragés. Parfois larges d’à peine plus d’un mètre, les escaliers courent souvent sur plus de cinq étages. Vous y trouverez toutes les richesses de l’artisanat et de la cuisine imprégnées des cultures des deux peuples et des voyages des Ourms, qui ont gardé des contacts commerciaux dans les pays traversés par leurs ancêtres. Karmouschwangi est le lieu où vous trouverez enfin une vraie faïence de Flouss ou de l’alcool de Porme.

La Source Victoire**, place de l’Accueil. Fontaine en lave sculptée offerte aux Ourms en 1231, représentant le combat des Krmos et de leur nouvel allié contre l’envahisseur du Nord. L’histoire se termine au sommet de la fontaine par la poignée de main entre un Krmo et un Ourm, sous le regard de deux barbares qui pointent une direction lointaine vers le Nord. La fontaine est remarquable par sa taille : 12x41m au sol, haute de 11m ; sa matière : la lave du mont Schwang, qui, une fois refroidie, est noire aux reflets bleutés ; sa manière : vous admirerez la minutie de sa gravure qui raconte l’histoire des deux peuples, de leurs origines respectives à leur rencontre, en cinq mille bas reliefs représentant les légendes, les faits historiques, jusqu’aux expressions idiomatiques : la légende de la plume qui nageait, l’histoire du chien cavalier, les facéties des jumeaux ennemis qui changeaient de trône incognito, laver ses cheveux en amont, courir la spirale du monde à l’envers, tourner sept fois la langue de son ennemi dans sa bouche, parler, se vidanger l’œil, mettre ses vœux dans le panier de la voisine… C’est à la Fontaine Victoire que, chaque été, on donne le coup d’envoi de la fête de l’Accueil qui va durer un mois : musiques et danses traditionnelles. On s’intéressera particulièrement à la représentation théâtrale de l’année 1211 où l’on découvrira les tensions, les luttes de pouvoir et les assassinats qui ont précédé l’Accueil de 1221 et l’autorisation de construire.

Les Musées Dolobès**, rue de l’Armalana. Trois Musées regroupent les principaux courants artistiques des deux peuples. Les collections retracent l’histoire des Krmos, celle des Ourms, et l’histoire des Karmouschwans, avec plus de cinquante mille toiles, gravures, sculptures, instruments de musique, restes d’artisanat ancien, reliques, tout au long de 27 kilomètres de salles et de galeries. 11 fristres l’entrée, 4 pour les étudiants, gratuit pour les enfants accompagnés. Il existe une carte au mois (50 fristres) pour un nombre d’entrées illimité.

ENVIRONS

Le no man’s land*, 8 km, car n°21 direction Adocosse. Situé sur le versant nord, c’est le lieu historique des batailles de résistance contre l’envahisseur barbare venu du Nord. Plus rien ne pousse, recouvert d’anciennes cendres et coulées de lave et peuplé, dit-on, des âmes des guerriers morts. La terre brûlée forme sur la pente nord du volcan comme le reflet de la ville située au sud. Ces coulées de lave, miroir de la coulée de la ville ont donné naissance à une croyance locale qui veut qu’à sa mort, l’âme du Karmouschwan aille se reposer par symétrie onirique dans le no man’s land afin de protéger la ville contre les fantômes des barbares du Nord.

Delta du Murmskakl**, 21 km, car n°11 direction Pilandoc. Plusieurs deltas se jettent dans la baie du Murmskakl et celui du Murmskakl, le plus grand, donne son nom à la baie et à l’océan tout entier. Le fleuve Murm prend sa source à l’ouest de Karmouschwangi et commence à s’élargir près de Pilandoc. Depuis la route qui longe le fleuve, quelques kilomètres après Pilandoc, on n’aperçoit déjà plus les verdures de l’autre rive. La route continue jusqu’à Murmskagi, à 150 kilomètres, où le Delta est large de plus de 200 kilomètres, coloré d’un inquiétant bleu rose sombre. Il est possible d’effectuer une croisière depuis Pilandoc, jusqu’à Ridèle, mais pas plus loin car la navigation est proscrite en raison des violents courants qui ont chaviré plus d’un vaisseau, selon la volonté, raconte-t-on dans la région, de la Déesse du Delta, Sinéruline.

Barnora***, 11 km au nord, car n°21 direction Adocosse. Ville la plus méridionale construite par le peuple barbare en 1701. Les relations avec Karmouschwangi se limitent au transport routier et au tourisme. C’est une excellente façon de découvrir la culture des barbares du Nord, que les pacifistes et antimilitaristes appellent désormais Barnoriens. De plus en plus, Karmouschwans et Barnoriens espèrent une réconciliation, pour imiter l’exemple pacifique et historique des Krmo et des Ourms ; un jour, peut être, une poignée de main sera sculptée entre eux.

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