…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Rêve récurrent, en train

mise en ligne : mercredi 25 août 2010

Encore ce rêve. C’est l’été, je suis dans un train qui file à toute allure à travers la Touraine, collines de vignes et de blés, ciel bleu, à mes côtés dans le compartiment : Pierre Bergounioux et Pierre Michon. Nous allons tous les trois à la rencontre de François Bon qui, sans explication et très naturellement, s’appelle Pierre Bon dans ce rêve.

Le train est un vieux TER aux sièges en simili cuir fatigués, aux couleurs de marron et d’orange, ternes sur du plastique encore brillant, avec de la moquette sur les parois verticales autour des vitres. Pour autant sa vitesse est celle d’un TGV, et plus encore, le décor file à toute vitesse.

Nous passons près d’un lac et furtivement je suis pris du sentiment qu’il manque quelque chose à ce décor.

La porte de notre compartiment est ouverte. Depuis ce poste, Bergounioux réussit à mettre régulièrement du charbon dans un placard (porte en formica) et il en rajoute tant et tant que le train file de plus en plus vite. Il a l’air de s’ennuyer et secoue la tête, las et gêné à la fois. Michon regarde le paysage, gestes évasifs, le cou tendu en avant il grommelle comme pour lui-même une phrase lancinante que je peine à entendre mais qui est bel et bien : "tous des on, tous des on, tous des on..."

Dans le couloir, tout à coup, des pas et une voix, c’est E. qui passe sa tête dans le compartiment. A ses pieds roule une bouteille de muscadet vide. Le nez rouge, E. repart aussitôt, une bouteille soudain inexplicablement pleine à la main. J’ai alors le souvenir de son premier commentaire, alors que je lui demandais de me parler de Michon : "alcoolique", et le second : "royaliste" ; je répondis "certes", et n’insistai alors pas.

Maintenant je me retourne et le compartiment est vide. Je suis seul dans le hall de la gare (quelle gare ? dans le rêve je ne me pose pas la question, c’est une gare anonyme, sans affichage, sans horloge), un hall vide, au carrelage brillant, il y a des verrières quelque part. François-Pierre Bon arrive alors et refuse de me serrer la main : "Rimbaud l’a serrée, alors... !" Et aussitôt il me tend une clé USB, "tu vas voir", il me dit, "y’a tous les codes dessus."

Mots-clés

rêve  

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