…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Exode

mise en ligne : vendredi 20 août 2010

Dans un vieux carnet je retrouve, daté 21 mars 2003 :


 
La télé boucle des Palais illuminés. Dans un salon des
hommes répètent : La paix, ça résout rien. Dans la rue, un
amalgame de gens défilent : La guerre, ça résout rien.

Ma famille a connu la guerre. Mes rêves sont sans fusil.
Quelque part, on tranche des mains. Le sang remplira
demain un puits dans le désert. Ils crieront Démocratie.

Devant chez moi aussi, roulent les tanks, s’envolent

les missiles : ils sortent de l’usine.


Qu’ajouter aujourd’hui ?

Rares saillies politiques ici, sur ce site. Pourtant.

Il est facile de parler d’une période révolue dans le temps ou l’espace. Et puis à l’époque le pétrole n’était pas le seul objectif, tous les marchés étaient visés : sécurité, construction, marchés publics divers... Aujourd’hui les troupes se retirent mais l’essentiel reste : ce qui se fait appeler "l’économie". Mais que dire quand à ma porte le racisme frappe pour couvrir des collusions d’intérêts, une réforme des retraites et combien d’autres grèves, délocalisations, réformes invisibles en applications de directives européennes, autant de sujets abandonnés des médias et, bien pire, de la "gauche" ?

Dire les mots disparus. Dire que c’est un moment de lutte des classes violent. Dire que l’État, ses structures sont détruites une à une, sans pitié, pour verser au marché financier ce qui appartient à la population, faire payer aux travailleurs, des ouvriers aux ingénieurs, faire payer aux salariés, aux prolétaires, leur faire payer. Leur faire payer quoi ? Rien de spécial, sinon tout, transformer de l’argent public en spéculation privée. Et plus besoin de raison, d’argument, de logique, pas besoin d’un camp contre un autre quand "c’est comme ça", on l’entend assez des "il faut", des "inévitables réformes", non pas besoin quand les oppositions sont d’accord sur les "il faut" mais feraient "autrement". Pas besoin d’explication. Et tout faire pour rester en place, les plus honteux amalgames, le non respect d’une constitution par ailleurs bien coulante et suborné à une autre plus grande et refusée par le vote mais imposée par la force, tout ça pour les amis de la famille, tout ça pour le goût du pouvoir car financièrement ces ministres, présidents, députés, gagnent infiniment moins que leurs amis qui sont à la tête de multinationales, au siège de conseils d’administration (mais ils se placent aussi pour après leur carrière politique, pour être placé ici ou là, dans le privé) tout ça sans un regard pour l’humanité, tout ça très vite pour montrer qui gouverne, qui peut faire pire, en sachant qu’il existe, dans les autres camps, en face, au milieu ou plus à droite, de pareils candidats au poste de casseur d’État, au poste d’ami de la famille, au poste de rouage.

Ce que je comprends de la situation politique en France aujourd’hui, c’est que le sommet de la politique française, toutes faces confondues (oppositions comprises dans leur manière de silence ou de réponses à ce jeu mais surtout en restant bien sage à l’Assemblée où les pensions de retraites diminuent, amendant poliment), prépare la prochaine élection présidentielle sur le thème du vote utile, du tout mais pas ça, tout tant que persiste la "réforme" de l’État, c’est à dire faire grossir les marchés en réduisant ce qui appartient à l’État, c’est à dire nous (système de retraite, entreprises et services publics, soins, sécurité sociale...) Le pire s’annonce, et le pire se produit si nécessaire pour mieux préserver les intérêts des grands groupes privés, pour préserver le système qui ruine les populations, les fait payer, les endette, les menace, les force à "d’indispensables réformes". Tout pour favoriser "l’économie", c’est à dire la production et la vente de la production privée, et la vente du produit de la vente en spéculation, tout : la peur, la guerre, l’ignominie. Il n’y a pas de morale autre que la raison du plus fort. La démocratie est soluble dans le marché, la démocratie est au service de cette "croissance", "la crise" gagne sur tous les plans, "la crise" est totale.

*

article écrit vite, "à chaud", sera peut-être retouché dans les heures, jours, qui viennent, coquilles possibles, voire mots manquants, j’ai mes tics, le mot "pas" en est un exemple des plus graves pour la compréhension, parfois.

Mots-clés

guerre   liberté   politique   désert  
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