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Glose sur un Convoi

mise en ligne : lundi 18 octobre 2010

14 octobre 2010

Lire dans le Convoi, La protection de la beauté par la laideur, à l’envers.

Avant tout dire que, envers ou endroit, c’est un texte très intéressant, à recommander, et qui m’a fait penser aussi à Matin Brun. Mais voilà, ici je voudrais parler de l’expérience d’une lecture, plutôt que d’une lecture. De la conversation intérieure que j’eus avec le texte au cours de la lecture.

[...] un programme de rééducation visuelle fut appliqué aux habitants et aux usagers du quartier, par lequel on leur enseigna, hormis par de très fugitifs contrôles visuels lorsque ceux-ci étaient nécessaires, à ne rien regarder autour d’eux, seulement le sol.

Et trouver dans le sens inverse de lecture, depuis le fragment 18 jusqu’au premier de cette fiction politique, une vraie métaphore de l’Histoire, de sa découverte, de l’apprentissage politique, qui part d’une la situation connue, présente, naïve ("pourquoi y’a la guerre en Afghanistan ?", "pourquoi y’a des gens qui dorment sur des cartons boulevard Haussmann ?", "pourquoi y’en a qui disent qu’il faut bosser plus pour la retraite, et d’autre que non ?", "pourquoi faut-il regarder par terre ?, pourquoi les bâtiments sont orange marron sale et sans ouverture ?"…) pour remonter le cours du temps, creuser la terre, d’évènement en évènement, et parfois très loin, fossiles, car il le faut.

Le retrait des couvercles de protection dura trois jours, pendant lesquels les machines ne stoppèrent jamais leur travail. C’est alors que, pour la première fois depuis des années, des personnes purent poser leurs regards sur les bâtiments du quartier [...]

Et cela m’a fait penser à ce que je crois avoir un jour compris, sur la continuité politique des partis, l’importance de ce phénomène et qu’un fait vieux de 30, 70, 100 ans, existe toujours dans le corps de tel parti politique puisque chacun de ses membres, au cours du temps et depuis ce fait, ont accepté ce fait, et accepté que d’autres avant eux l’avaient accepté, ce fait, et les autres, transmis, constituants du parti, de génération en génération, donnés par les uns, pris par les autres. Sa redite évidente possible, toujours, sous les diverses formes et acronymes que le temps (et la culture du parti) donne.

Penser à ça en lisant à rebours, à la façon dont on lit les blogs, imaginer une version livre de La protection de la beauté par la laideur, imaginer un conseil de réécriture que je donnerais à l’auteur de cette série : réécrire avec ce rebours en tête, mais sans plus, sans ajouter d’explication, comme c’est écrit là. À la manière Memento le film de Christopher Nolan, pas simple artifice mais nécessité narrative. Surtout l’idée de l’envers : plutôt que fiction chronologique qui ne serait que parabole d’une déliquescence politique, retourner ça (qui retourne déjà le monde réel et resterait inscrit dans le texte) pour lui ajouter la métaphore de ce que la politique a d’abrupt, l’Histoire de méconnaissable, et nous en son cours, à tenter de le remonter, tentatives de tracer la recherche d’une compréhension du monde à travers la critique de ce monde (et inversement).

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