…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Silhouette

mise en ligne : samedi 16 janvier 2010

Je rentrai sans frapper, comme depuis toujours. Depuis le couloir, je vis le salon où la lampe posée sur le buffet éclairait à peine la pièce et moins encore le couloir.

C’était une veille lampe, plus âgée que moi et sans doute plus encore que ma mère. Le pied était en forme de balle au sommet déformé qui se terminait en une corolle. Un vase renversé semblait y être empoté et au sommet de ce vase, l’ampoule, cachée par l’abat-jour en tissu usé. Son tissage grossier, pareil à une peau ridée, ne laissait filtrer que peu de lumière, et quand la poussière s’y accumulait, l’éclairage moribond donnait envie de dormir à l’ombre de cette veilleuse. La vie s’arrêtait le temps d’une sieste, dans la paisible pénombre du salon. Le pied était en grès, souvent frotté, il avait perdu son lustre originel et on ne pouvait désormais espérer aucun reflet. Sa couleur marron, sa surface striée, faisait penser aux feuilles du bois qui tombaient et cernaient l’immeuble d’automne.

Dehors, le soleil tombait, le salon était nuit, sous la lumière mourante je vis Grand-père lui tenir la main et pleurer.

10/2000

Mots-clés

atelier   tisserands  
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