…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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mise en ligne : dimanche 28 novembre 2010

mercredi 17 novembre

Comment écrire le souvenir, trouver les moyens fictionnels de le déplacer, et pourquoi, et dans ma manière, et tout en me détachant des écritures de ceux qui, pour moi, sont l’écriture même du souvenir-d’enfant-vu-par-le-regard-écrit-de-l’adulte-narrateur : Proust, Alain-Fournier, Bergounioux…, et à la différence du narrateur-enfant comme chez Hubert Mingarelli.

Il y a d’autres écritures qui regardent des souvenirs, de lectures récentes je retiens L’enterrement de François Bon, La grande Beune de Pierre Michon, et tant d’autres, dans les blogs aussi (Danièle Momont, Christophe Sanchez) mais comment, alors que je considère que, mettons, Bergounioux est l’aboutissement de ce que j’ai pu lire (et encore n’en ai-je lu que trois La maison rose, Miette (plus ou moins en cours en ce moment) et La mort de Brune) sur cette forme, m’en détacher, faire autrement et dans quel intérêt ? Qu’est-ce que, moi, par mes souvenirs ou le rapport que j’entretiens avec eux, ai-je à ajouter à ce qu’on pourrait appeler un genre, sans imitation, sans redite, avec humilité ?

C’est ici tout le pourquoi-écrire auquel sans doute il ne faut pas penser.

Lire Antònio Lobo Antunes, Bonsoir les choses d’ici-bas, me frappe car il s’agit de souvenir récent d’adulte dans un mouvement historique d’une violence rare, forte, insoutenable. Et ce souvenir, dans le texte par fragments stratifiés comme des flashs d’une scène qu’on aurait par rémanence alors que l’obscurité se fait, celle du siècle, celle du souvenir qu’on veut enfouir, celle de l’Histoire qui a coupé le courant par la main d’hommes intéressés, mais ne peut pas empêcher que sur les rétines persistent ces images.

Puis-je utiliser cette forme ? Fragmentaire, par mitraille ? Mémoire pulvérisée dont je recollerais les morceaux par leur seule présence dans des pages successives ? Comment une forme d’une telle violence pourrait s’adapter à mon souvenir ? Pourtant c’est vers cela que j’ai envie de tendre, à cause de la force fragmentée avec laquelle les souvenirs me reviennent, ce n’est pas "je me souviens" mais il me souvient, forme ancienne et plus juste pour moi, ici.

Mots-clés

écrire le souvenir   lecture   écrire  
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