…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Glissement

mise en ligne : dimanche 17 janvier 2010

Antoine rentra du tennis en début de soirée. Le couloir était sombre, à peine éclairé par la lampe terne du salon. Il faisait chaud à l’intérieur, l’enfant laissa la porte entrouverte pour rafraîchir, posa son sac.

– Grand-mère ? lança-t-il au hasard.

Elle devait dormir dans son fauteuil, bercée par la faible clarté de la lampe. Antoine commença à marcher vers le halo jaunâtre. Il ne voyait toujours pas la vieille dame et des pensées confuses tournoyèrent ; elle n’est pas partie faire les courses, ni chez le coiffeur, et ce n’est plus l’heure du café chez Paulette ; elle est peut-être partie me chercher des bonbons… Mais où ? Il marchait lentement, comme il croyait le devoir dès qu’il n’y avait plus de lumière. Ne pas réveiller pendant la sieste, ne pas déranger le voisin du dessous, attention au tapis qui glisse…

À mesure qu’il avançait, l’enfant s’inquiétait. De l’obscurité, mais aussi de la lueur tremblante de la lampe. Elle ne projetait aucune ombre dans la pièce, et il n’osait regarder s’il en avait une derrière lui. Antoine pressa la pas. La lumière semblait bouger. Mais il n’était pas sûr. Alors il s’arrêta, le mouvement de sa marche l’avait trompé. Il continua. Et, de nouveau, cette impression que le halo flotte. Il s’arrête. Rien. Il esquisse un début de pas. Un souffle d’air passe dans son dos, atteint doucement le rideau qui se soulève silencieusement. C’est alors que la lumière vacilla. Antoine retint sa respiration. La lumière, le halo, cette forme se déforma et blanchit de façon inquiétante et surtout, s’approcha d’Antoine.

Il ne tremblait pas, il était figé, les yeux grands comme sa face, attendant l’inévitable contact avec le fantôme. A quelques centimètres de son nez, la lueur s’immobilisa. Il reconnut le visage de sa grand-mère. Un gargouillis ridicule s’échappa de la gorge de l’enfant, le fantôme se mit à remuer des sortes de lèvres translucides. Instinctivement, Antoine essaya de comprendre. Mais soudain le fantôme retourna dans la lampe comme s’il avait été aspiré. Antoine s’enfuit avant d’être aspiré à son tour.

10/2000

Mots-clés

visage   atelier   fantastique   fiction  
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