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L’invention du Temps

mise en ligne : jeudi 13 janvier 2011

13 janvier 2011

Comme un premier jour de printemps.

La pluie tombe simultanément à plusieurs endroits du trottoir, autrement dit à tout instant le trottoir est frappé sur au-moins un de ses points et, si l’on considère une portion du trottoir trop petite pour que les gouttes s’abattent dessus en même temps, c’est la répétition aléatoire sur ce point qui, dans ce cas comme dans l’autre (trottoir infini ou trottoir-point), dans cette permanence de la pluie, fera son exigence crépitante et constante et empêchera le trottoir de vaquer à sa principale fonction : faire marcher les gens. Dérangé, picoté, gêné par cette sollicitation sans fin il cesse et c’est la raison pour laquelle quand il pleut les trottoirs sont déserts.

Pour comprendre ce qui va rendre l’Univers à son état naturel de circulation des souliers sur le bitume, c’est le point unidimensionnel de trottoir qu’il faut considérer. Celui-ci, au contraire du trottoir entier, a des moments, parfois longs, sans qu’aucune goutte de pluie ne le frappe. C’est la multiplication de ces instants qui fera advenir, du point, la surface non-frappée, libre, puis, de cette surface apaisée naîtront des pieds marcheurs, dans la troisième et dernière dimension connue de l’espace ; ceux-ci se déplaceront alors, événements dont la succession créera la quatrième dimension : le temps.

Mots-clés

paradoxe   temps  
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