…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Un tesson

mise en ligne : vendredi 28 janvier 2011

Vous vous blessez sur moi. Il ne fallait pas me marcher dessus.

J’ai le sentiment mal défini d’une solitude, quelque chose, quand j’y pense, de brisé qui serait resté hors de moi, quelque part éparpillé. Pourtant, non, je regarde bien, rien ne me manque. Si quelque chose est éparpillé, c’est le lieu où je vis, ses facettes de gens autour de moi qui me renvoient des images d’incomplétude.

Il arrive que quelqu’un essaie de me recoller à un ensemble quelconque. J’ai beau lui dire que rien n’y fera, il insiste, je persiste, cassant, mais il force. Qu’importe. Qu’il essaie donc de m’associer, il abandonnera bien vite car je suis la pièce manquante à tous les puzzles.

Bien sûr, comme beaucoup que je connais, vous préféreriez me voir mis au rebut, recyclé, que mes restes anonymes donnent naissance à une neuve complétude, consensus lisse et préhensible. Mais voilà, vous cherchez à m’attraper et c’est la plaie qui s’ouvre. Ne m’accusez pas : vous la portiez déjà. Remerciez-moi plutôt de l’avoir mise au jour.

Fragment qui n’a pas besoin d’être recollé, ici-bas chu sans doute d’un évènement de peu de fortune, mais fini dans le temps et l’espace où je me borne à vous blesser : certains font croire que des gens comme moi, ça doit vivre en ermite.

Texte publié le 1er octobre 2010 à chat perché

Mots-clés

vase communicant   écrire   corps  
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