…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Manque

mise en ligne : mardi 8 février 2011

8 février 2011

Murs disparus, moquettes et papiers peints, et les souvenirs avec.

Aucune poutre, même métallique ne les soutient plus.

Fini le buffet du salon dans lequel on rangeait les jeux de société.

Tout ce que ça fait, c’est laisser un peu de ciel pour les passants et les fenêtres voisines.

Fini le cagibi pour le cache-cache.

Personne ne pourra plus revenir ici, frapper à une porte et dire :"j’ai vécu ici, enfant." Pour visiter, à nouveau.

Fini la cour intérieure où l’on s’interpelle.

Aucun panonceau n’annonce une reprise des travaux, rien depuis toutes ces années que je passe sur l’avenue devant ce trou de mémoire.

Fini le parfum d’ail le dimanche midi, dans la cuisine et jusque dans la cage d’escalier.

Les graffitis semblent marquer la durée de cette absence et la promettent encore longue.

Fini la surprise du courrier dans la boîte aux lettres.

Des gouttes de pluie tombent là où aucune n’était tombée depuis, peut-être, des siècles.

Fini la coupure de courant et la joie de sortir les bougies.

Maintenant ça fait un passage pour le vent qui fait tomber plus vite les feuilles de l’arbre d’en face.

Seul le niveau du sol, vague, accueille encore des corps fatigués, venus chercher un abri au vent et qui reconstruisent dans leurs pensées, tandis qu’ils cherchent le sommeil, ce qu’était un foyer.

Mots-clés

écrire le souvenir   temps   ville   corps  

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