…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Tiède

mise en ligne : lundi 14 février 2011

14 février 2011

Si les lampadaires avaient des jambes, ils les prendraient à leur cou pour aller éclairer champs de betteraves, de maïs, de petits pois. Eux aussi ont droit, après la chute du soleil, à une chaleur, fut-elle électrique. Mais fort à parier qu’ainsi débranchés, déconnectés du réseau des villes, la chaleur des lampadaires serait naturelle, minérale, essentielle, vivante, poétique. La lueur orange racontant aux jeunes épis, déclamant en un murmure brillant les histoires urbaines qui manquent à l’orge et au tournesol. Les guêpes ne rentreraient plus si tôt dans le trou de pierre du mur de la grange, elles écouteraient le chant tiède et liquide qui inondait hier encore trottoirs et passages piétons. Les criquets feraient silence et la chouette serait bercée de ces histoires de mouettes qui remontent les fleuves jusqu’au terminus des métros. Le matin apaisé, sur la plaine hachurée de lampadaires endormis tandis que loin de là, en ville, tous affolés, cernes d’yeux au sortir de cette nuit noire et silencieuse.

Mots-clés

ville   nuit   campagne  
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