…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Chute papier

mise en ligne : jeudi 17 février 2011

17 février 2011

L’autre jour par mégarde (je suis distrait) ma Sony tombe du 88é étage. Elle rebondit sur un pigeon, se pose en douceur sur un nénuphar. Ouf ! [1]

Le livre, papier, tombé, sauf, du 110é étage, le temps qu’on descende, aura été ramassé par un passant. Il est tout autant perdu. Tandis que la tablette ou la liseuse, tombée du 323é étage, tranchera l’imprudent passant en deux.

D’ailleurs que faisait-il dans la rue ? À cette heure ? Sous ma fenêtre du 1023é étage ? Il ne bosse pas ? Il ne dort jamais ? Que rôde-t-il ici ? Autour de mon immeuble ? Que cherche-t-il si près de ma tour d’ivoire ? À se brûler ? À se faire peur ? À partir à l’aventure ? Il tourne, hésite, montera, montera pas, l’indécis, sans avis à l’avis divisé, sera coupé en deux. Bien fait !

Qu’ils essayent donc de brûler des données répliquées, des bouches aux oreilles, des mains tremblantes derrière les claviers de quartz, des voix hésitantes à chasser les vacarmes aux ailes noires, qu’ils essayent donc de pousser en bas des gorges enrouées, de noyer dans l’obscurité de l’interrupteur, qu’ils essayent de river, de clouter, qu’ils essayent,

nous flotterons toujours sur l’esquif du langage.

Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi