…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Fièvre

mise en ligne : lundi 21 février 2011

19 février 2011

C’est écrire de fièvre avec l’urgence morbide qui ronge ce qui restait de vide, autour,

écrire sans oser écrire sachant ce que la fièvre peut causer de délire,

remuer dans le drap moite le moi drapé pour s’emmurer hors du temps qui goutte, poison,

soudain privé de son corps on imagine

que tout s’échappe et que,

seul dans le vide quantique

sans plus l’univers autour

dans l’attente d’une fluctuation qui redonnera vie

et puis c’est parce que ça se passe la nuit, pas sûr d’être éveillé, écrire de sommeil, ou à la frontière de, être au seuil de soi-même et s’y réfléchir,

ne pas oser franchir ? que dans la fièvre et l’urgence qu’elle cause,

de se croire mort demain, l’urgence d’

écrire le prochain mot avant

le creux des pensées et, au réveil,

constater le creux de ces pensées,

vouloir tout effacer et se trouver

simplement bête

face au soleil affalé au salon

contre les vitres les camions des livreurs

plus loin à pied ceux pressés au métro

le moteur aigu d’un scooter qui gonfle et se dilate

la vie dehors si simple

la nuit si loin, en rire

et reprendre au calme un texte, à la table de travail, outils en mains, dictionnaires et recueils de poésie, web et bibliothèque,

les mots, les mots,

quand le soleil a su faire, d’un souvenir parfois, baisser la fièvre

Mots-clés

temps   nuit   écrire   corps  
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