…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Ça

mise en ligne : mardi 29 mars 2011

28 mars 2011

Me réveille en me disant que je pourrais faire de GRANDES choses si seulement j’avais ne serait-ce qu’une loupe.

*

L’an passé, un nuage de cendres. Cette année un nuage radioactif. Et après, quoi ?

Je viens d’effacer de cet article même trois paragraphes de critiques, de réflexions et d’analyses que j’avais lues aujourd’hui et hier, sur le nuage brun qui a couvert les élections, mais finalement : tout ce bruit pour deux sièges ? J’ai lu qu’en nombre de voix, depuis vingt ans, le FN fluctuait entre 500 000 et 1 380 000 voix. De là des projections sur un éventuel socle de racistes, sur une éventuelle indignation (de qui ? on ne sait pas qui vote quoi), sur un éventuel vote de rejet de ces gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans et plus, et que ce vote de contestation, cette réelle opposition finalement, est organisée par les médias et les partis de pouvoir et d’opposition, par leur rhétorique faiblarde, leurs arguments usés qui font du FN le parti-pour-lequel-il-ne-faut-pas-voter or, précisément ce que beaucoup veulent : plus les mêmes, une autre politique, peu importe laquelle !

Mais d’aller plus loin, les médias, les ministres, les députés, d’un côté, de l’autre, ceux qui tiennent le crachoir s’en fichent, la question du programme est toujours éludée ou l’on s’en tient aux axes xénophobes mais s’il n’y a pas d’opposition, comment voter ? La question de la lutte des classes est aussi toujours éludée, toutes les questions qui font mal (au portefeuille des actionnaires semble-t-il mais pourquoi les épargner ?) sont éludées. Faut-il (re)nationaliser les banques, le secteur des transports, celui de l’énergie, les services publics, les assurances, avant que tout ça, pierre et atome, pétrole et missiles, nous tombe sur la gueule ? Faut-il que le peuple s’il a le pouvoir possède ou non le pouvoir économique via un État qui socialise les moyens de production ? Faut-il que l’argent appartienne au plus grand nombre où à quelques actionnaires ? Sur tout ça silence. Et quiconque en parle sera réduit au silence. L’abstention est-elle silence ?

Alors effacer trois paragraphes et expliquer en deux ce que j’avais effacé sans dire ce que j’en pense, car en une journée ne pas pouvoir dire quoi que ce soit de juste. Ne pas pouvoir penser en un jour comme en cent.

Rien n’est dit, et tout est vrai car tout est faux. Alors tant qu’on est en vie, tant qu’on peut manger, tant qu’on a un toit, on laisse faire, on laisse faire tant que ça tient.

*

Aujourd’hui, pas mieux que Phèdre :

Moi régner ! Moi ranger un Etat sous ma loi,

Quand ma faible raison ne règne plus sur moi !

Mots-clés

lecture   corps   en cours   politique   écrire  
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