…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Lointain

mise en ligne : jeudi 7 avril 2011

7 avril 2011

Je reviens d’un Pays lointain, une fiction radiophonique produite par l’atelier d’écriture d’Arnaud Maïsetti à l’université Paris 7.

Dans ces textes, lus au cœur d’une exposition sur les radios libres, Eldoradio, et souvent d’une qualité où le mot est pesé, la voix de l’espoir d’une utopie, la voix d’un vœux de révolte, ce Pays lointain, celui de nos rêves — et ce final terrifiant et poignant dans lequel la voix officielle s’empare du micro amplifié quand la foule à côté se rassemble, inaudible et confuse.

Encore une fois, préoccupations du moment, et d’autres aussi (à venir). Les textes étaient pour la plupart très bons, et c’était intéressant, curieux, étonnant, je ne sais dire, de sentir à travers eux peut-être le sentiment, essentiellement, que le monde du dehors et celui du dedans sont si différents et que la parole même n’a plus de sens et donc, en lutte contre ça, cette parole, la dire : écrire.

L’écriture partait d’un vers de Michaux, "je vous écris d’un pays lointain", Arnaud Maïsetti a lu en exergue de la lecture Valère Novarina, en sortant de la lecture je me remémore des vers de René Char, qu’il vive, "Ce pays n’est qu’un vœu de l’esprit, un contre-sépulcre" :

Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.

La vérité attend l’aurore à côté d’une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu’importe à l’attentif.

Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.

Il n’y a pas d’ombre maligne sur la barque chavirée.

Bonjour à peine, est inconnu dans mon pays.

On n’emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.

Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n’avoir pas de fruits.

On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.

Dans mon pays, on remercie.

*

La bombe des mots. Nous parlons depuis une radio que nous avons détournée. Nous sommes hors des choses, nous sommes hors du monde / nous sommes dans la station d’un pays lointain. Le silence du dehors / La parole du dedans.

Mon errance seule me rassasie. Trop souvent les hommes se sédentarisent à contre cœur — je préfère ma destruction.

Trop de fois j’ai vu les hommes se taire.

Toute idée qui pointe le bout de son nez à la surface est immédiatement ramenée au fond par son contraire.

C’est notre temps à nous qui s’inscrit sur le sable.

Il s’agit de la mécompréhension.

J’ai passé ma jeunesse dans cette ville et cette ville est devenue ma jeunesse.

Comment savoir qu’ailleurs se trouve ici ?

Des mots lacrymogènes, des mots matraques.

Ils ont fini par comprendre qu’après chaque obstacle vaincu c’en était cent autres, cent fois plus grands, cent fois plus saillants.

*

Simple cut-up d’extraits (approximatifs, notés à la volée de ce que j’ai entendu pendant les lectures — déformations possibles) des textes de : Laëtitia Chupin, Lisa Warton, Alex Tommi, Joseph Menant, Rachelle Veraa, Madeh Zareï, Cindy Slater, Audrey Fougères, Leslie Romby, Erwan Guéret ; lus dans une mise en scène de Jérémie Scheidler. Les textes complets sont à lire ici dans la fenêtre Calaméo.

1 Message

  • Rencontre des admissibles de la femis 13 septembre 2012 19:08, par Bareyre

    Bonjour,

    Avec une amie, nous organisons une rencontre des admissibles de la femis. L’idée est de nous réunir fin septembre pour échanger, discuter, mettre en commun nos compétences et, qui sait, faire des films ensemble. Nous sommes déjà 40, rejoins-nous !

    Nous avons créé un groupe sur facebook pour mieux organiser un sympathique pique-nique à Paris courant septembre. Si cela t’intéresse, tu n’as qu’à m’accepter comme ami sur fb et je t’intègrerai au groupe.

    matthieu.bareyre@gmail.com

    A bientôt nous espérons,

    Claire Chassagne et Matthieu Bareyre

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