…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Non-rencontre

mise en ligne : dimanche 17 janvier 2010

Deux places, vides, dans le wagon.

Ils allaient s’y asseoir. Lino la voyait comme il aurait pu la voir tous les matins, Carole se demandait s’il allait encore lui sourire longtemps. Pour qu’il arrête, elle le lui avait rendu. Les vêtements s’étaient un peu frôlés, bras retirés, un train passait de l’autre côté. Côte à côte, ils auraient dû vite se parler, mais dans le wagon, aucune agitation, un silence immobile. A cette station, jamais personne ne descendait, ceux qui ne descendaient pas ne savaient pas qu’on y montait. Les phrases commencèrent à s’enchaîner.

Elle acquiesçait, tandis que les lèvres de Lino descendaient et montaient, descendaient et montaient. Parfois ses doigts longs et fins soulignaient ses mots, parfois Carole répondait, un mouvement, un geste, un regard.

En s’asseyant s’emmêlaient leurs pensées, la conversation s’était arrêtée quand leurs cuisses s’étaient rencontrées. Lino se disait qu’il faudrait se lever, éviter sa jupe grise. Elle regardait son pantalon bleu, sombre, et trop usé, imaginait d’autres couleurs, d’autres coupes, voulait caresser le tissu. Ne voyant pas ses yeux, il les imaginait bleu, rêvait d’effleurer ses cheveux.

Le train repartait, elle parlerait, il écouterait, il parlerait, elle écouterait, jusqu’à ce qu’une gare arrête le train.

01/2001

Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi