…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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mise en ligne : lundi 18 janvier 2010

Le soir en été, je m’allongeais sur l’herbe près du verger, regard vers les étoiles. Je sentais les brindilles sous moi, me pousser lentement, me pousser infiniment, me propulser au ciel, dans les ténèbres. D’abord entouré d’aurores boréales, j’étais ensuite encerclé par la Voie Lactée. Je m’éloignais pour que la Terre ne soit plus qu’une tache bleutée, un insignifiant point lumineux, pour être moi-même une infime particule du cosmos, seul à contempler une à une les étoiles. Mes yeux brillants imaginaient un collier de planètes, et j’atterrissais sur une terre ou une autre, chaude oasis luxuriante, comme un oiseau choisit sa branche, et puis je sautais vers une autre galaxie pour y trouver un monde aux habitants toujours heureux de me recevoir, et puis voyager encore avec des bottes de sept années-lumière.

Je me laissais dériver de plus en plus loin du village, il était cerné par des lumières pointillistes, traînées de cheveux dorés éparpillés sur le sol aussi noir que le fond de l’espace, ce drap de paillettes m’enroulait et m’appelait à découvrir des mondes sans contraintes, des planètes éloignées de tout, accrochées au bord de la Galaxie, d’où on pouvait distinguer tous les bras de la spirale, où des nébuleuses décoraient le ciel et où le temps n’existait pas.

Inéluctablement, je redescendais. Paralysé par le froid de la nuit terrestre je ne pouvais rien faire d’autre que de redescendre sur l’herbe trop fraîche, emportant quelques grains de poussières célestes qui me fermaient les yeux.

01/2001

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