…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Automne

mise en ligne : lundi 10 octobre 2011

8 octobre 2011

Samedi, rien à faire. J’aime ce temps classique d’automne : froid, gris, pluvieux.

Comme décrire ce froid, ce gris, cette pluie ? Il s’agit de sensations d’automne contrastées : le froid est vite oublié par plusieurs épaisseurs de vêtements, à respirer l’air n’est pas si froid, il s’agit d’un froid relatif à la période que nous venons de traverser et la même température au printemps nous semblera chaude ; le gris est d’autant plus gris que les feuilles colorent encore les arbres, les pelouses sont vertes etc., tout est un peu terne mais la pensée du gris s’impose et au printemps la même couleur nous sera blanche, lumineuse ; seule la pluie a une quelconque objectivité, quoiqu’au printemps nous la tiendrons responsable de la pousse des bourgeons plutôt que la boue.

J’aime particulièrement ce temps vu au travers de la chaleur d’une fenêtre située au-dessus d’un radiateur contre lequel je peux être assis. La campagne survolée d’oiseaux qui s’en V au-dessus des champs acajous, les arbres seulement feuillus des autres oiseaux mal habillés. Le cadrage du double-vitrage.

Se dire "il y a du vent" uniquement à voir les mouvements des branches, des nuages.

Se dire "il fait froid" uniquement à voir les couleurs ternies et humides.

Ne goûter rapidement au parfum de pluie et de froid qu’en ouvrant la porte au chat qui demande à sortir et qui, cinq minutes après, demande à rentrer. Il est comme nous, le chat, il vient sur le rebord de la fenêtre, au-dessus du radiateur, sur son bout de moquette, plisse les yeux et ronronne, contemple le spectacle lent du jour qui se termine.

Ici, la ville. Pas de chat et vue sur rue, bitume, immeuble, personne ne passe dehors par ce temps, les arbres sont trop loin, le ciel trop haut, je ne vois rien : la saison est gâchée.



"Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.
La vérité attend l'aurore à côté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif. "
— René Char, Qu'il vive

Mots-clés

pluie   campagne   ville   fenêtre   temps  
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