…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Creux

mise en ligne : mardi 26 juillet 2011

21 juillet 2011

Jours de retour. Il faut plusieurs jours pour revenir, d’où qu’on vienne, d’un lieu qui accroche encore.

Et de retour en ce lieu connu, qui n’avait en fait pas lâché sa prise sur nous, par des bribes d’images-souvenirs bien imprimés par l’habitude, le quotidien, des habitudes de gestes pour ouvrir un tiroir de cuisine, un placard de salle de bain, le matin au réveil surtout, se demander, les yeux à peine ouverts, où nous sommes et en nous levant prudemment se déplacer dans l’ancien lieu alors même que nos yeux nous indiquent le nouveau, différent par la position de la fenêtre par rapport au lit, par où est placée la porte, par cette chaise ; tout comme le lieu d’où l’on revient accroche encore, mais par des images-souvenirs récents dont la brume ne parvient pas à faire écran sur le réel bien connu ; de retour au connu, ce retour plus abrupt par son plus d’habitudes, il y a toutefois un manque.

Ce manque, c’est ce nous d’avant le départ, ce nous creux de la distance prise en partant, ressentie en revenant.

S’asseoir à l’habitude, à la table de travail, cette table publique et jamais même, avec un mur derrière pour laisser à notre seul regard la possibilité de fuir la surface de l’écran alors que nos mains semblent laissées à enfoncer comme au hasard les touches d’un clavier de plus en plus liquide, et imaginer ce qu’aurait été s’asseoir là, à ce même endroit ou en face si celui-là avait été déjà pris à notre arrivé dans le bar, une semaine avant — que s’est-il passé, que nous ne saurons jamais, pendant notre absence, à ce clavier qui aurait été sous nos mains sur cette table en bois, qu’avons nous raté d’événements et de réflexion lumineuse sur nos rétines, qu’aurions nous écrit que nous n’écrirons jamais.

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