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Le nom du premier homme

mise en ligne : jeudi 8 septembre 2011

6 septembre

Je publie aujourd’hui seulement ce billet, et pense au Convoi qui m’a obligé, pendant un an, à publier chaque jour ouvré (*), c’est à dire à écrire une fois par jour ou, si je sautais des jours d’écriture, à envoyer chacun de ces jours un texte préparé d’avance, ou à poser un "congé". Mais assez vite, et bien souvent, c’est devenu écrire chaque jour. C’est sans m’en rendre compte que j’ai écrit près de cent mille signes, alors que le texte dont je parle stagne.

C’est peut-être en pensant à tout ça que sans y penser un autre texte est né, s’écrit de moi un peu chaque jour — non justement pas chaque jour car rien ne m’oblige… Et si je reprenais le Convoi pour m’obliger à produire chaque jour ? Ou chaque semaine ça suffirait peut-être ?

Il faudrait que j’ai ce courage de me lancer à nouveau — l’an passé je n’avais pas réfléchi — car c’est un texte qui se prête à l’écriture quotidienne ou hebdomadaire. Je pourrais aussi bien le publier sur ce site, mais je n’aurais pas la contrainte, l’attente de l’administrateur Poiraudeau qui m’avait classé dans la liste des "auteurs contraints" (aujourd’hui, en ayant terminé, en "affranchi", au cas où).

Voici ce qui pourrait être le début de texte venu.

*

Arthur Maçon est le nom du premier homme. C’est ce que révèle le très sérieux magazine Bio Life, d’après une étude de l’INAPT (Institut National d’Archéologie et de Préhistoire de Toulouse).

*

Arthur Maçon est un jour sorti de la grotte les mains pleines de terre. (Il se serait écrié : « enfin la sortie ! ») C’est là qu’il croisa une horde de ses congénères poilus et odorants qui venaient de découvrir le feu et le mettaient à l’abri du vent et de la pluie. Ils ressortirent aussitôt en poussant des cris mécontents : Arthur Maçon avait salit leur grotte en mettant des traces de mains partout. On sait que la génération suivante fut plus accommodante, vouant un culte et reproduisant les traces, mais sans avoir idée qu’Arthur Maçon en était l’origine. Et puis d’ailleurs Arthur Maçon n’était déjà plus là : il s’était fait chasser depuis bien longtemps des campements par des dizaines de mères, mécontentes de ses enfants intenables. (Elles se seraient écrié : « Quelle lignée ! »)

*

Au cours de son exil, Arthur Maçon vit le dernier mammouth. De suffisamment loin pour qu’il ne puisse pas attester sous serment qu’il vit bel et bien le dernier mammouth. C’était même de très loin, il y avait du blizzard, Arthur Maçon était emmitouflé de peaux et de lainages, c’était peut-être aussi bien un ours, ou le yéti, ou une grosse pierre. Et puis tout ce froid avait obligé Arthur Maçon à vite redescendre vers la méditerranée, et même plus bas.

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