…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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mise en ligne : vendredi 19 août 2011

29 juillet 2011

C’est parce qu’il faut faire avec, principalement pour ça. Et leur nombre qui augmente, autour.

Depuis quelques années, les saisons se suivent, par quatre comme toujours, mais le fond des jardins est plus fauché qu’avant.

Il y a, de ces jardins – distants, qui ne se connaissent pas, n’ont pas, sur eux, le même soleil ni la même pluie, ni la même main qui coupe les tiges, arrache les racines, cueille les cerises et verse l’eau au pied des tomates – une empreinte commune, un signe de reconnaissance que je pourrais lire.

Enfin, on respire, malgré les machineries, qui soufflent, elles aussi.

C’est ainsi, ça va avec le jour, la nuit, le jour encore et la nuit.

Depuis, un pavot a fleuri, mais l’on sait, des pavots, leurs pétales, malgré leur nombre fixe, trop légers, facilement portés par le vent et avec eux ce qui fera pousser, fleurir, plus tard, un, deux, quatre autres pavots.

Il y a telle marche qui grince qu’on évite la nuit, la peinture écaillée dans la bibliothèque, il y a, posé sur le meuble à chaussures dans l’entrée, ce livre qu’on ne sait plus à qui rendre, l’étendue désertique des champs à moissonner, sous des pylônes qui portent le courant pour une ville trop lointaine où dorment de vieux pavés que le bitume dissimule, au pied d’enseignes qui s’éteignent d’elles-mêmes à minuit.

Enfin, on respire, les doigts sur le métal, qui regrette d’être froid.

C’est le mouvement rouge de quatre pétales que le grillage prendra, et on fera sécher ces traces dans un vieil annuaire.

Depuis, j’oublie ce geste floral, et ne l’oublie pas, car : il y a mieux, chaque jour, en la présence des heures.

Enfin : (on) respire.

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