…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Déjà

mise en ligne : lundi 29 août 2011

28 août 2011

L’impression de déjà-vu semble quelquefois frôler la peau. C’est la température particulière de septembre en août, complexe car fraîche sur l’épiderme mais douce en profondeur. C’est la couleur du ciel à cette heure et le parfum particulier de la rue le matin, mélange d’humidité résiduelle d’une pluie que je n’ai pas vue et d’évaporation ralentie rendant l’atmosphère humide.

C’est par ce mélange et celui de plusieurs autres sensations plus discrètes encore que le souvenir vient, rappelé par cette époque de l’année, par cette ville, il peut venir d’une autre saison semblable, d’une autre ville, mais toujours, pour que cet instant soit possible, la lumière sera la même, le contact sur la peau identique, la sensation à se souvenir même.

Ce sera peut-être le souvenir d’une sensation à se souvenir, identique à la sensation que fut vivre l’instant souvenu : mais comment faire la différence ? Comment, dans le ressenti et la distance temporelle, séparer le souvenir de l’instant vécu ?

Comme lorsque l’on voit quelqu’un que l’on a pas vu depuis dix ans, l’image de son visage est encore dans notre esprit telle qu’il y a dix ans, elle est là, intacte juste avant l’instant des retrouvailles, cet instant précis quand l’image ancienne avec laquelle on vit depuis dix ans est remplacée, vite et sans heurt, par l’image du présent, sans retour possible. Car dès lors, pour faire revenir à soi le visage ancien, cela est difficile, douloureux, autant que de vouloir rajeunir et de constater que c’est impossible, autant qu’il l’est de revivre un lieu du passé dans son

seul souvenir

heureusement

cette sensation de septembre sur notre peau.

Mots-clés

eau   écrire le souvenir   corps   ville   jour   air   cliché  

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