…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Deux

mise en ligne : mardi 6 septembre 2011

2 septembre 2011

Un texte en cours impossible à poursuivre, s’enlise dans les impossibles sens que le roman appelle, moi qui ai chaque jour un peu plus de difficultés à lire chez les autres des intrigues, des actions de personnages, des personnages eux-mêmes ; je termine très peu de romans que j’ai commencé à lire.

Pour aller au bout d’une lecture, il me faut que le livre ait une structure qui tire ma curiosité jusqu’à la dernière page et si je comprends "le truc" (quand il y en a un) et que ce truc ne me dit pas que la forme va changer, j’arrête ma lecture, ayant pris suffisamment plaisir à ce que j’ai lu, ce que j’ai lu m’ayant suffisamment apporté et ce que j’ai compris m’empêchant de me plonger/perdre dans un reste qui me paraît, alors, trop attendu, ennuyeux. Or j’ai besoin de surprise.

Il m’arrive, après 100 pages lues, qu’à une structure qui n’a rien de spécial, qui ne montre aucun signe que le texte va m’étonner sur les 200 cent pages restantes, de continuer à lire parce que dans la langue, dans la phrase, dans cette voix particulière, quelques pépites éparses (ou condensées) m’ont fait signe, et j’attends de nouveau leur manifestation. Et alors je termine ce livre qui donne sa vision unique et inédite, qui lutte contre ce que le monde a d’opaque à mes yeux, qui me donne des mots à poser que je n’avais pas.

Alors qu’à une langue qui n’a rien de nouveau ni de très singulier, si la forme est étonnante, surprenante, nouvelle, spécifique à ce livre là, alors je poursuis ma lecture car il y a là quelque outil que je n’avais pas pour m’aider à comprendre ou à dire.

Quand un roman réuni les deux, et que l’une ou l’autre ou les deux de ces caractéristiques (langue ou structure) est spécialement forte, émouvante, intelligente, secouante (je peux aussi ne pas comprendre mais ressentir que quelque chose s’est passé) alors je me sens en présence d’un texte rare : voilà peut-être ma définition personnelle du grand livre.

Mon texte en cours impossible à poursuivre se débat donc sous l’étouffante visée prétentieuse que j’ai forcément de vouloir obtenir de lui qu’il soit à la fois dans la langue et dans la forme, unique et réussi ; et aussi sous le paradoxal besoin qu’a le roman de parfois laisser souffler son lecteur par d’inévitables connexions entre les personnages, les lieux, des moments qu’on qualifierait un peu trop vite de "faibles" et dont Flaubert dit qu’il faut qu’ils soient "mieux écrits que les autres".

Mots-clés

lire   voix   écrire   paradoxe   contrainte (OuLiPo)   en cours  

2 Messages de forum

  • Deux 6 septembre 2011 15:48, par Nicolas Bleusher

    On ne dit plus avoir rendez-vous avec mais chez Rimbaud...
    Bonne première phrase, peut-être : il avait rendez-vous chez Rimbaud.

    Voir en ligne : http://lesjardinsdupalais.wordpress.com

    • Deux 7 septembre 2011 14:32, par JS

      on espère pourtant que la suite n’est pas barbante.

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