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Arthur Maçon, extraits, 2

mise en ligne : vendredi 7 octobre 2011

Quelques autres extraits, Le nom du premier homme.

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On ne sait pas à quand remonte le début, le vrai début de l’homme, dont Arthur Maçon est le nom du premier. Il faudrait pour cela remonter aux débuts d’Arthur Maçon sur Terre, lors de ces jours d’orages électriques sous les milliers volcans baignant dans leur propre lave. Ces images d’Épinal que nous avons en tête : cieux ultramarins crépitant d’éclairs, nuages noirs rougis par la lave propulsée hors de volcans nés à l’instant même d’un choc sismique que Richter n’aurait su mesurer. Sur une plaque tectonique à la dérive, en équilibre sur une arête géante, falaise de plusieurs kilomètres, Arthur Maçon essaie de rester debout. Il essaie, il tombe, il a encore longtemps à attendre, seul plongé dans les éléments tels que nous ne pouvons plus, aujourd’hui, nous les représenter autrement que par ces clichés sans force ni vibration ; longtemps encore avant même de comprendre, Arthur Maçon tremble de peur.

Sur la carte du rayonnement fossile de l’Univers, qui peut ne pas voir le visage déformé et souffrant d’Arthur Maçon ? (Il nous regardera à jamais.)

Arthur Maçon avait pour habitude de se protéger du soleil sous la mauvaise ombre d’un arbre à la futaie trop haute, tellement haute que seuls les lampadaires d’aujourd’hui rappellent à Arthur Maçon ces premiers arbres longilignes à tête de chou, avant leurs millions de mutations qui aboutissent à nos forêts denses et basses, desquelles Arthur Maçon s’éloigne le plus possible — douloureux souvenirs d’ours, de loups, de tyrannosaures.

Arthur Maçon, quand on l’interroge, prétend n’avoir rien vu de tel qu’un astéroïde s’écraser sur Terre et faire la nuit pendant des années. À d’autres anciens souvenirs évoqués, il nous demande de but en blanc si nous n’avons pas un vieux reste de filet de diplodocus au frigo, il dit en avoir une faim inextinguible (c’est son mot).

Mots-clés

fiction   Arthur Maçon   en cours   éléments  
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