…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Bus 87

mise en ligne : mercredi 21 décembre 2011

13 octobre 2011 — 15 novembre 2011

Ce cliché de la mort-qui-rôde, son intention silencieuse étalée au grand jour d’ombre : proches à abattre. Cibles de sa faux tournante autour de nous — et l’angoisse que le cercle de son geste ne se resserre, être cible nous aussi.

*

(Un jour, bien sûr)

*

Tout ça cliché, ce qui tourne, le mouvement qui fauche, le lourd instrument (outil pour certains, sans doute ? — horreur)

Mais quand ça arrive pour de vrai ?

L’un, puis l’autre, et encore, la maladie, le diagnostic, le pronostic, tac, tic, tac, tic.

*

Entendu dans le bus 87, quelqu’un au téléphone, dans ces conversations à moitié qui nous font tendre plus l’oreille et nous distrait de tout autre chose : "le scanner de maman".

Cela peut avoir deux sens. Il peut s’agir du scanner qui permet de numériser des vieilles photos de famille en noir et blanc, des cartes postales (recto-verso), des documents administratifs… Il peut s’agir du scanner médical, noir et blanc lui aussi, sorte de photo de famille, à un âge avancé, qui permet de connaître des aspects jusque là seulement soupçonnés, d’une maladie qui pourrait être plus grave, ou plus bénigne, qu’il n’y paraît ; en tous les cas qui permettra d’établir un diagnostic et peut-être de soigner.

*

Si âgés ou si petits que soient les corps, si médicalisés qu’ils puissent être, déjà nés ou pas encore, ou déjà mort à l’annonce de la cause, il peut suffire d’une nouvelle apprise de quelqu’un qui, un inconnu, mais décédé, de façon certaine et officielle, via par exemple un titre dans la presse, celle d’un mort célèbre (Hubert Nyssen ces jours-ci, sa maison d’éditions sise place Nina Berberova, auteur du Roseau révolté, souvenir d’atelier), pour se retrouver genoux à terre, se demandant d’où vient, soudain (mais est-ce si soudain ?) toute cette vase.

*

Parfois des corps sont oubliés (un, puis deux, puis des millions)

la vapeur de santé qui les gonflait s’est changée, parfois en joie finale, parfois en asthme amer (final aussi mais, c’est bon stop, on a compris)

mais toujours éternelle au contraire de ce qu’elle fut ; c’est à dire devenue souvenir, à recopier inlassablement de mémoire en mémoire pour battre le silence.

*

Apprendre le mot nitescence au détour d’une mort

que chercher là ?

*

Dans le bus 87 on est au "terminus tout le monde descend."

(fin classique)

Mots-clés

cliché   campagne   mort   techno  
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