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Bozier, Raymond. Murs.

mise en ligne : jeudi 19 juillet 2012

Fiction du parpaing
 Le parpaing est rugueux. Le parpaing ronge la peau et casse le dos de celui qui le manipule. Le parpaing doit être pris avec des gants. Le parpaing est manipulé essentiellement par les ouvriers du bâtiment ; les classes dominantes qui n’aiment pas se salir les mains ni se casser le dos, préfèrent diriger les manœuvres, voire spéculer sur le cours du parpaing. Proche parent du moellon, le parpaing peut être produit industriellement dans ce qu’on appelle des usines à blocs. Il peut l’être également de manière artisanale à l’aide de pondeuses. Une presse fixe industrielle peut produire en moyenne de cinq à dix mille blocs par jours, alors que la production par pondeuse varie de mille à trois mille cinq cents blocs par jours. Les parpaings sont des sortes d’œufs à base de minéraux (pierres, graviers, sable) et de ciment lui-même produit de l’argile et du calcaire. Il ne sert à rien de les couver. Aucun poussin ne nait d’un parpaing. Ce qui nait d’un parpaing c’est un mur. 

Raymond Bozier. Murs. Publie.net, 2012.

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Raymond Bozier  
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