…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Partie I. 7.

mise en ligne : mercredi 15 août 2012

Vint le temps de fonder une association caritative au profit de tous les déconnectés anonymes qui erraient sans profil dans des rues sans wifi. Afin de promouvoir le mouvement, sans avoir peur ni de la redondance, ni de se connecter par tiers interposé pour parvenir à toucher nos cibles sans rompre notre vœu : les accrocs du tweet, les fous du blog, ceux qui courent après le Klout, après le RT, après les followers, après les hits, après les pages lues, après les bons mots, après les vidéos insolites, après les commentaires, ceux qui jouent au troll, ceux qui jouent au contre-troll, ceux qui jouent pour leur site, ceux qui jouent des mots, des leurs, de ceux des autres, ceux qui rappellent leur existence numérique au monde numérique dix ou cent fois par jour, ceux qui signalent, ceux qui mélangent, ceux qui ignorent, ceux qui renvoient l’ascenseur, ceux qui renvoient l’escalier (dans les dents), ceux qui respirent ton nom par-dessus ton épaule, ceux qui amalgament, ceux qui frétillent, ceux qui remercient, ceux qui étiquettent et s’étiquettent, ceux qui tombent de haut, ceux qui décollent pas, ceux qui frivolent, ceux qui LT, ceux qui adhèrent, ceux qui sécrètent, ceux qui pullulent, ceux qui et celles bref eux et elles tous et toutes, il nous fallait, via l’association gigantesque et mondiale que je venais de fonder, les tirer hors des mailles du filet électronique, les laver des horreurs numériques qui s’accrochaient à eux, récurer leurs rétines imprimées de popups, décrotter leurs souvenirs stockés sur cloud, purifier leurs esprits pixelisés, tout en astiquant nos propres membres toujours fébriles d’un passé dont la proximité risquait à tout moment de nous faire replonger, de nous faire repiquer, de nous perdre à nouveau, mais nous restions droits, tu parles, voilà le mouvement était lancé, promu, neuf, vivace, nous (j’étais seul, mais qu’importe, plusieurs aussi, comme jamais) sauvions le monde, à nouveau, comme toujours et plus encore via un film écrit et réalisé, sans trucage, à la pellicule et à la peinture sur verre, à la maquette et au tournage en extérieur, au maquillage et en costume, dont les droits furent vendus avant même la fin de la déconnexion, en prévision, sait-on jamais, pour projection 3D dans les salles équipées, téléchargement direct et torrent car nous savions que nous reviendrions au progrès inéluctable, tous droits réservés et réserve gardée.

*

retour au sommaire du livre

Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi