…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Partie I. 4.

mise en ligne : dimanche 5 août 2012

J’entamai sans plus tarder ma psychanalyse, en même temps qu’une rupture fondatrice au passé simple. N’ayant pas le temps de trouver un psy en plein mois de juillet-août à Paris (j’avais également songé à déménager dans le Lubéron ou le Larzac, après avoir écarté la source de la Loue ou la montagne ardennaise pour cause de températures bleues et puis se déconnecter ne veut pas dire perdre un certain côté à-la-mode, ou à m’établir au fond d’une gorge du Tarn pour pêcher les truites à propos desquelles je m’étais laissé dire qu’elles devaient être sauvages et argentées comme les trophées de la liberté retrouvée, mais ne pouvant me connecter à aucun site de vente de voyages en ligne (et pour cause (vous comprendrez que je ne place pas ici le LOL qui eut été ad hoc en d’autres temps) me direz-vous) et la boutique SNCF de ma rue étant fermée le dimanche, j’ai repoussé promptement ce projet à d’autres Espaces-Temps) je pris moi-même les choses en main… à l’image de la coupure elle-même qui était la reprise en main de ma vie : forte analogie ! #fuckyeah association de pensée et interprétation de génie : m’être déconnecté augmentait visiblement mes capacités intellectuelles et d’analyse et je fis un bond, simple et clair comme celui du tigre jaune au dos rayé qui a décidé de jouer avec la musaraigne obèse, après avoir feint le sommeil pour la piéger, la musaraigne étant incapable de différencier le ronronnement du ronflement, peut-être le pourrait-elle s’il venait d’un chat mais venant d’un tigre, jamais, je fis donc un bond de géant dans la connaissance des méandres de mon être, de mon moi, de moi, que je redécouvris les yeux ouverts à nouveau, à mots nouveaux parcourant les ruisseaux de mes souvenirs, des restes du moi du monde d’avant, connecté, trop lié, j’étais soudain dans le délié, plein, à petits mots perlés j’avançais, sans plus de souci, naturellement, comme coule la cascade éternelle, je me voyais glisser, me répandre sans bornes, je me reconnaissais, et je m’aimais de cette découverte et dans cette découverte je reculais en moi pour mieux sauter dans le monde, celui vrai qui est toujours ouvert dehors, hors de soi, hors des électrons qui transmettent l’information, j’étais mon propre électron, mon propre code source et je m’étais debuggé en moins de temps qu’il n’en faut pour débrancher, reconcentré à l’intérieur de moi pour mieux être présent au Présent, sous forme plus atomique et comme qui dirait passe-partout, je pouvais me propulser dans ce fameux monde réel-réel, fort d’un subconscient éclairé, d’un inconscient lu, d’un corps imberbe de toutes les hérésies numériques ; enfin, je me comprenais. 

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Mots-clés

écrire le souvenir   eau   identité  
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