…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Partie II. 2.

mise en ligne : mardi 11 septembre 2012

Soudain claqua une épidémie de portes. Ils quittaient les réseaux, les tweets, les internets au sens large (pour reprendre une toute neuve expression expressive dont je disséminais les jeunes octets comme si elle était de moi — elle était de moi, qui sait ?) ils retournaient aux sources. Plagiat que tout ça. Honte. Scandale. Si j’avais été en ligne à écrire directement ceci et non à la plume de paon à gratter le papier 90 grammes pour publication future, je l’aurais écrit en majuscule comme on le fait quand on crie en ligne. HONTE. SCANDALE. (Voilà, j’ai cassé ma plume, mais qu’importe, je jette quelques graines de sésame à mon paon, il léonne un peu mécontent quand je lui arrache une nouvelle plume, mais c’est nécessaire, lui expliqué-je. Quel beau paon ai-je là. Quelles belles plumes.) Où en étais-je ? Oui : quel besoin avaient ces exilés, maintenant que j’en avais fait moi-même l’expérience et la leur avait offerte de mes mots, de mes pensées, de mes octets télépathiques ? C’était inexplicable et ces nouveaux ermites ne comprenaient pas que le flux est le territoire tout comme l’est la carte et l’œuvre d’art pour tout dire, et que s’ils sortaient du territoire ils ne pourraient plus réfléchir, leurs idées ne circuleraient plus et ils seraient exclus de la circulation des idées, ils penseraient faux, à jamais, amputés du sens nouveau, du membre neuf, dont le réseau leur avait fait don, donc. Je passais derrière eux pour rouvrir les portes claquées, personne derrière, ils étaient loin, partis dans une toundra aplatie aux quatre horizons de leur monde étriqué, dans la boîte des idées reçues qui prétend qu’il faut vivre le monde dehors et enlacer des corps et plonger dans des chutes d’eaux d’hémisphère sud plutôt que s’aplatir devant des écrans froids (alors qu’ils sont chauds, énergie oblige).

*

retour au sommaire du livre

Mots-clés

écrire   corps  
Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi