…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Théorie, 2.

mise en ligne : jeudi 20 septembre 2012

19 septembre 2012

Cosmoz comme théorie de l’intrigue. Tous les diamants du ciel comme théorie des personnages. Cosmoz entornade les événements, les dimensions, projette des personnages de paille et d’écho dans un monde où le fer de l’Histoire fait brûler la paille de l’innocence, les événements historiques guident en explosante sourdine l’intrigue. Tous les diamants du ciel présente un personnage, puis un autre, puis les fait se rencontrer, les mélange, les sépare et avec eux les énigmes qu’ils portent. Le feu, comme à chaque fois, a raison de nos espérances de lecteur, et sépare quelque chose. Un livre de l’autre. Une moitié de siècle d’un autre quart. Un personnage de son existence sur la page. Un personnage d’un autre, ou de lui-même s’il est en paille, ou en farine.

Seule dans la rue où les passants hésitaient encore entre se hâter et s’attarder, Lucy posa sa langue sur le bout du mot sexe, puis suçota les contours du mot orgasme, faute de pouvoir savourer le relâchement majeur. Lucy en aurait pleuré, parce que trois mois sans baiser, hein, reconnaissons qu’aucune poésie n’y aura-it survécu.

La présentation des personnages esr très classique dans la forme, l’un, l’autre, les deux, avec une langue, elle, beaucoup moins classique, celle de Claro, bousculante, poésie imagée de folie, cause l’emprise de la drogue, qui n’est que prétexte à droguer la langue, faire de ces personnages des séries textuelles qui s’interpénètrent. Et aussi leur faire contenir l’intrigue, cette fois. Oui, c’est l’intrigue qui est contenue dans les personnages, et Ô combien dans celui d’Antoine, mais ne révélons rien. Quant à Lucy, elle est la marionnette de papier d’un autre personnage au nom d’anagramme, qui n’existe peut-être que sur les cartes où il envoie sa Lucy. 

La fournaise dans laquelle viennent d’être plongés le temps et l’espace a fait du ciel un aliment, comestible à volonté.

Et si Cosmoz était par moment plus faible sur la langue, par nécessité de mener l’intrigue, par des phrases-connecteurs, c’est pour Tous les diamants du ciel l’inverse. Enfin, et c’est écrit dans le texte, qu’il est à lire à voix haute : "voilà qu’ils voient ce qu’ils entendent" ; que tout texte est un pain qui s’améliore d’hallucinations et de feu : "auprès des flammes, le pain, lui, change, il s’invente, oublie les leçons de la terre, les soupirs du blé, car son cœur qui n’en est pas un se destine déjà aux regards, aux morsures, aux délectations, et déjà il veut plaire’’ ; s’oublier dans le texte, autant à l’écrire (croit-on) qu’à le lire, ceci en prenant la langue et pour farine et pour acide. 

Antoine se sait différent, n’ayant jamais torturé de chats, ni incendié de fourmilières.

Antoine s’amuse à déchiffrer les signaux que lui adresse une dernière fois, obstinée, pathétique, l’épave réalité. Langage souvent dérange.  

Chez Actes Sud, Tous les diamants du ciel, Claro, 2012.

À lire également, la lecture de Quentin Leclerc, dans ses relevés,en date du 31/08/2012.

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