…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Les toits

mise en ligne : samedi 23 janvier 2010

Debout sur un mur ou se promenant sur un rempart, grimpant au sommet d’une tour, d’un arbre ou d’une montagne, ce sont toujours les mêmes lignes droites et les mêmes surfaces rectangulaires inclinées jusqu’à l’horizon qui se dévoilent à nos yeux.

C’est de ce point de vue divin que l’on voit tuiles et ardoises s’étaler sous le ciel. Les murs de briques ou de crépi semblent n’être là que pour porter ces touches foncées ou lumineuses, que l’on croit réparties comme des gouttes de pluie. Parsemées sur un lavis de pâtures, de forêts, de nuages ensoleillés, elles prennent des tons gris, paille vieillie ou marrons, mais sont toujours épanouies sous l’astre généreux, comme des pétales qui boivent nos regards orientés vers ce lointain, pendant que d’autres regards restent cachés dessous à brûler du bois, manger une orange, boire et dormir.

Les toits ne font pas que couvrir les hommes, ils tracent des limites, organisent la multitude et la confusion de la nature, lui offrent ce qu’elle ne connaît pas : l’harmonie. Quand j’observe les toits flotter à quelques mètres au-dessus du sol, je m’imagine le même lieu dénudé, puis qui s’esquisse progressivement, se bâtit, tombe en ruine, se reconstruit point par point, ligne à ligne – en quelques minutes je vois se composer la vie paisible de ce village ou de cette ville. Et même si ces instants ne sont rien à côté des siècles réellement passés, même si l’avenir ne peut être appréhendé simplement en rêvant, au moins mon esprit s’est-il approché du monde réel, comme lorsque je regarde une toile où l’artiste a su rendre intemporelle la présence humaine dans la campagne apprivoisée.

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