…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Tonnes

mise en ligne : vendredi 19 octobre 2012

18 octobre 2012

Je les vois tourner les pages nombreuses de leurs pavés, les pages nombreuses de leurs polars, ces romances et fictions en tout genre aux personnages et aux situations variées, nombreuses, nombreuses, de tout le trajet en métro ils ne s’arrêtent pas, et si parfois il n’y a pas d’histoire car c’est un guide, un manuel ou de la poésie même, à chaque fois ça en tourne pourtant des pages et des pages, et leur regard de plus en plus dedans comme tourné vers le vide noir qui soutient les rails du métro et provoque ce vertige assuré, au risque de glisser, tomber, sauter dedans à l’arrivée du train lourd de plusieurs tonnes parce qu’il n’y a plus que ça comme direction pas encombrée, la liberté presque.

Et moi j’y suis aussi dans le métro, à lire Toute une vie bien ratée de Pierre Autin-Grenier, à tourner petitement les trois pages de chacun de ces courts textes si denses et grands, chacun si plein d’une vie, profond d’une mort et d’une nouvelle drôle de vie au bord d’un monde qui semble prêt à exploser mais qui est trop fatigué pour ça, tellement tout ça que je dois alors m’arrêter, ça fait déjà chaque fois bien lourd à penser tout ce qu’il y a en si peu de pages, et je range le livre pour lire les trois pages suivantes le lendemain, au plus tôt.

*

Je n’ai strictement rien pour le 20 novembre, Pecha Kucha, lecture. Je songe à changer discrètement de nom, auprès de l’état civil, rebaptisé François Bon, j’aurais alors une "carte blanche".

Et pour les cours que je suis censé donné à Poitiers à partir du 7 novembre, j’ai un peu de matériel de départ, mais ça reste léger. Tout ça arrive bien vite.

*

Ai acheté 14 de Echenoz, vite arrêté de lire, non pas à cause du livre en lui-même, mais de cette guerre, ce début enthousiaste, pire que le cynisme, pire que le crime organisé, je ne sais pas quoi dire, une nausée s’empare de moi, je repose le livre ; qu’est-ce qui a changé, aujourd’hui ?

Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi