…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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D’autres jardins

mise en ligne : vendredi 26 octobre 2012

25 octobre 2012pour Maryse Hache + + + +

au pied du mur et de l’été posera ses pas / quels invisibles à ses regards / #dicila botanise et urbanise son coeur dans lumière du webmonde — M.H., 09/2011

Il y a, on s’en souvient, le mystère irrésolu de la fenêtre voisine condamnée à peine le mur percé. Chambre maudite où l’on se dit que l’enfant né n’a pas vécu assez longtemps pour que chez eux on ait envie d’ouvrir les volets.

D’autres histoires sont possibles, chacun écrit la sienne en regardant les volets fermés et le lierre qui, jour après jour, sans que rien ne vienne l’en empêcher, les scelle.

Mais c’est pour rire tout ça et le poisson rouge s’en fiche, et le chat dort encore, d’autres histoires sont là, déjà.

*

Je me souviens, je ne la connaissais pas alors, de la première fois où je l’ai entendue lire, à l’atelier de Pierre Ménard, la claque à l’écoute de ce texte

*

Nous connaissons bien d’autres fenêtres, ouvertes, celles-là.

Et il y a les arrosoirs en ligne, testés, débuggés, code secret – 1, 0, 1, 0 – d’un soleil propre au jardin.

*

Quelle énergie elle avait, il y a moins d’un mois, quand moi, timide avec son amie pour qui j’étais venu faire un devis, hésitant à cadrer avec des mots tranchants la banale confusion, elle, d’un geste, d’un rire, d’une formule, elle avait tout compris, la parfaite chargée d’affaires !

*

Il y a des jardins, il y a d’autres jardins.

Il y aura toujours d’autres jardins.
Et certains rires sont uniques.

Il y aura beaucoup d’autres jardins, et parfois des grands.

Des très grands.

elle tweetait depuis la chambre en surplomb de son jardin
elle a été tuée par la mort dans sa maison de livres
et je lui tisse une écriture
linge numérique, encre de lichen
pour vous le dire
et je vais allumer un écran
pour que vous lisiez son site
c’est son livre de mots
que démuni de peinture
je pastiche-posthume.

Abyssal cabaret, incipit :

la femme dont nous racontons l’histoire sait bien que le théâtre s’effondre
elle sait que sur les charniers poussent les fleurs les plus belles
que les voix plurielles viennent un instant la visiter

l’actrice sait bien qu’il n’y a rien à faire sur le théâtre qu’à vivre l’instant

tu ne sais rien du théâtre
tu ne sais rien de l’instant
tu ne sais rien des fleurs

l’actrice sait bien
qu’elle sait quelque chose et qu’elle joue à faire croire qu’elle ne le sait pas
que la lumière est noire
que le musicien a déserté

qu’il n’y a que l’espace à habiter

que nous ne sommes rien du tout et que nous sommes tout

la femme dont nous racontons l’histoire sait bien que malgré les risques d’effondrement
elle trouve une vie à improviser

Mots-clés

mort   lecture   Maryse Hache   campagne  
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