…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Très… très…

mise en ligne : lundi 12 novembre 2012

24 octobre 2012

J’avais pensé trouver la solution, pour la lecture du 20/11, en lisant quelques prestations d’Arthur Maçon, j’avais même trouvé 20 images qui se tiennent à peu près les unes aux autres, mais chaque prestation est trop courte pour être lue en vingt secondes, si j’étire ce sera au mieux dix secondes. Après tout pourquoi pas, il y a des images, il faut bien les regarder j’imagine.

Ah… cette contrainte ! C’est donner trop peu d’importance aux images, une toutes les 20 secondes, c’est bien trop rapide, surtout pour être écrasée sous un texte ; ou l’inverse, c’est donner trop d’importance au texte, qui remplira les vingt secondes sans laisser voir l’image.

Dans les deux cas il y a quelque chose en trop et je ne suis pas photographe, et si je me sens capable d’écrire sur une image, écrire sur vingt images me prendrait, en bâclant, l’année.

Ou alors je respecte le terme japonais de départ, et relie ça au travail de design.

Mais je me perds en rimes et longueurs et n’ai pas le temps de boucler ni "la recette du bon site web", ni "la tirade du web".

*

Comment on fait la tarte à l’internet ?
Battez, pour qu’ils soient verbeux
Quelques nœuds ;
Encodez dans ces cryptes
Un jus de mots-clés choisis ;
Versez-y
Un bon lait de javascript ;

Mettez à l’arrière-plan
Dans le blanc
Un logo, votre affichette ;
D’un clic preste, rendez menus
Les menus ;

Versez octet par octette

Votre code en ces puits, puis
Que ces puits
Au validateur s’affinent,
Sortant sans faute des onglets
Ce sont les

Tartes à l’internet, presqu’anodines !

*

DE GUICHE
Personne ne va donc lui répondre ? ...

LE VICOMTE
Personne ?
Attendez ! Je vais lui lancer un de ces traits ! ...
Il s’avance vers Cyrano qui l’observe, et se campant devant lui d’un air fat.
Vous.... vous avez un web... heu... un web... très nul.

CYRANO, gravement
Très.

LE VICOMTE, riant
Ha !

CYRANO, imperturbable
C’est tout ? ...

LE VICOMTE
Mais...

CYRANO
Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, - disons, si je le veux
Agressif : "Moi, monsieur, si j’étais un webeux,
Il faudrait sur-le-champ que je me désinscrive ! "
Amical : "Mais à quoi bon rallier ces rives ?
Pour parler faites-vous inviter chez Busnel ! "
Descriptif : "C’est un trou ! … une fosse ! un tunnel !
Mais que dis-je, un tunnel ? … Ce n’est qu’un précipice !"
Curieux : "À quoi sert ce virtuel hospice ?
Est-ce un mouroir, monsieur, où laver les cerveaux ?"
Gracieux : "Aimez-vous autant les petits veaux
que paternellement vous prîtes un grand soin
de tendre à leur museau ce ragoût sec de foin ?"
Truculent : "Ça, monsieur, lorsque vous éructez,
D’un tweet informatif ferez-vous suspecter
Quel ingrédient du plat causa tel borborygme ?"
Prévenant : "Gardez-vous de répondre à l’énigme
Qui fait de vos pensées d’indigestes fricots !"
Tendre : "allons, offrez-vous en mohair un tricot
De peur que votre esprit à l’écran ne se gèle !"
Pédant : "Triste réseau qu’accoucha la Cybèle
Numérique et moderne et si prompt à planter
Sans désir de voir nos chaînes se segmenter…"
Cavalier : "Dites-moi, il y a tout le monde
Ici ? Pratique pour de tout feu faire fronde !"
Emphatique : "Aucun mot ne peut, web intégral,
Te rendre à la raison, qu’un virus urétral !"
Dramatique : "Ce sont trous noirs que tous ces sites !"
Admiratif : "Jamais vu tant de parasites !"
Respectueux : "Avec de telles connexions
C’est là ce qui s’appelle avoir sur rue pignon !"
Lyrique : "Ô ces rhizoms, êtes-vous des carottes ?"
Naïf : "Et tous ces bugs, ne vous rendent point sotte ?"
Façon boloss : "Hé, keum ! C’est quoi ton blaze FB
J’ai trop le seum faut trop que j’kiff’ tes pics BB !"
Militaire : "Espionnez et fichez ces données !"
Pratique : "Voulez-vous être déconnectées ?
De tous ces câbles nous ferons de beaux calots !"
Enfin parodiant Cyrano des falots
Se moquant : "Voilà donc qui vous avez pour maître :
Quelques ordinateurs qui sont vos baromètres !"
– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un octet, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : bit !

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