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Hyvernaud, Georges. Feuilles volantes.

mise en ligne : mardi 1er janvier 2013

Non, on n’avait pas cru à ses ambitions, à ses principes : on avait cru qu’on y croyait. Maintenant on savait ce qui est authentique, ce qui est essentiel. On savait les prix et les poids, les rangs et les tailles. Ce fut un temps de nudité. Plus tard, on se rhabillerait, on rhabillerait ses opinions. Tout serait à nouveau caché, couvert, truqué, avec de fausses épaules et des pectoraux rembourrés. On oublierait les heures de grelottante nudité. On ignorerait à nouveau ce qui importe et ce qui n’importe pas. Mais, en ces jours-là, on le voyait clairement. Des hommes allaient dans un jardin public, regardaient des fleurs, lisaient le nom des fleurs sur ces plaques de bois qu’elles portent accrochées à leur tige comme une médaille au cou d’une petite fille ; ceux-là sentaient, et ils ne s’en étaient jamais doutés, que rien au monde ne comptait pour eux autant qu’une rose, qu’un nom de rose. Et d’autres regardaient sur un visage cet affaissement au coin des lèvres, ce gonflement, ces tremblements qui annoncent la montée des pleurs ; et ils étaient sûrs, c’était la plus bouleversante des certitudes, que toutes les philosophies, toutes les doctrines, toutes les combinaisons des hommes d’État n’avaient rien à opposer de valable à l’évidence des larmes.

Georges Hyverndaud. Feuilles volantes. Le dilettante

Mots-clés

guerre   Georges Hyvernaud  
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