…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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il y a (1)

mise en ligne : mardi 19 mars 2013

7 (?) mars 2013

le temps, il y a ça, spacieux comme la liberté

arpenter, parce qu’on le peut, et de cette chance user la ville, ses trottoirs, il y a quoi là-dessous ?, tremble-t-on

il y a tellement à l’instant où le souvenir se superpose au réel

le hiatus blesse, le trouble éveille en sursaut, l’inquiétude pousse les pas

une mesure se balance au bout d’un fil ténu

l’espace libre se mesure en fictions

il y a ces visages nombreux, leurs voix qui s’ajoutent ou s’effacent, et la confusion de la ville et des âges

certains jours, évaluer ; prendre ce temps, celui de soupeser, de caresser la panique brute

la hauteur de certains murs se mesure en silences

les réticences emmurent le désir comme le lierre recouvre l’abandon

et des bruissements de voix remuent

*

En photo ci-dessus
des vues d’artistes des futures Halles
sous la Canopée
affichées là où sera demain la réalité représentée
prophétie publicitaire
des corps qui ne parviennent pas à s’imprimer dans le monde
silhouettes transparentes
fantômes
nous serons des fantômes porteurs de sacs de courses
errant pour l’éternité entre les rayons et les caisses
tenant fermement contre notre cœur la carte de notre fidélité
notre fidélité d’ombre au royaume des lumières
et des spots à économie d’énergie
reliée par code ou par puce au Customer Relationship Management
traçage de nos trajectoires spectrales d’un magasin à l’autre
envoi à notre domicile d’offres personnalisées
mais personne chez nous
car nous sommes filaments d’êtres pris au piège de la photo peinte
et nos pensées ? et nos lectures ? et nos traces ? et nos voix ?
tout sera donc comme ces corps à travers lesquels on voit ?
ces photos sont du silence
cette vision du futur, de notre futur, oui le tien aussi
demain où serons-nous, et dans un an, dans dix ans, toi et moi ?
quelles projections d’êtres et quels vêtements ?
quelle distance entre maintenant et ce nous d’affiche ?
se mesure-t-elle pareil, la distance, pour les planètes et les corps translucides ?
nos images glisseront au-dessus de nos fausses ombres
et à travers nos mains qui ne pourront pas se prendre
nous verrons la rue
le trottoir, les pierres, le sable, l’eau de la fontaine, la promotion, le tract, le foulard oublié
sous le soleil d’un été permanent
qui réchauffera nos rêves
(seront-ils aussi vaporeux que nos corps ?)
alors de l’autre côté de l’affiche
alors avant la fin du jour
sous un soleil pantone 120
par notre marche sur ces dalles de cailloux ronds
nous ferons naître les couleurs solides
nous rendrons la chair aux mots pas prononcés
nous renverserons la ville
avec nos corps en couleur 3D relief
et tout le reste qui pourrait sembler plat
alors tout le reste deviendra vrai

Mots-clés

voix   distance   ville   rêve   corps  
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