…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Comment passer quarante minutes à six ?

mise en ligne : vendredi 12 juillet 2013

22 mars 2013

Hier soir, au Café Reflets, dans le terrain de jeu qu’Anne Savelli parcourt pendant sa résidence d’auteur au Centre Cerise.

Elle invitait cinq "auteurs numériques", comme on lit parfois, disons cinq auteurs.

Bref, chacun possède un blog, un site, explore des pistes qui sont propres à ce support, et par cet outil y déploie un univers, y déplace une frontière, déshabitue de quelque chose.

Anne Savelli, dit, sur son Fenêtres Open Space :

Ces auteurs, photographes, blogueurs, plasticiens et que sais-je encore sont :
Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/
Juliette Mezenc http://www.motmaquis.net/
Mathilde Roux http://www.mathilderoux.fr/
Cécile Portier http://petiteracine.net/wordpress/
et Olivier Hodasava http://dreamlands-virtual-tour.blog...

La forme adoptée, "le Pecha Kucha : 20 photos projetées 20 secondes chacune, soit 6 minutes 40 par personne pour faire entendre sa voix, nous entraîner ici ou ailleurs..."

Un rythme soutenu, les six lectures, six énergies, s’enchaînent et puis dans ces cas-là, quand je connais toutes ces voix, ai déjà rencontré chacun au moins une fois, et tous mille fois en ligne, via réseaux sociaux, et leurs travaux, alors dans ces cas-là, après une lecture, une soirée, et la diversité des voix persistent chez les personnes mêmes, bien sûr ; bref, cela pousse à écrire, pas ce que j’avais prévu ce matin, mais autre chose, je me suis permis d’écrire le Pecha Kucha des Pecha Kucha qui sont à lire/voir ici.

Cliquez ici pour commencer ou faire défiler plus vite

C’est l’heure de partir, on vient de loin, ce genre de soir on vient toujours de loin pour un autre loin. D’où l’on vient c’est facile, une photo suffit. Et sur cette photo, déjà un peu de là où l’on va.

La route est plus longue que prévue, les pensées penchent et brillent, ouvrent le ciel pour l’aérer un peu, il en avait bien besoin. Mais la route continue de faire des plis, et puis la pesanteur clignote, l’eau est verticale. On souffle sur des barrières.

En fait, il suffisait de suivre la route. Enfin, une route. Celle-là, ou une autre, cette craie-là pourquoi pas, qui entra dans le métro, le même que le mien, et que le chiffon des nuages a effacé depuis.

Se renseigner aussi. Demander sa route. "Par où êtes-vous venu, quel métro… ?" ; mais pourquoi répondre ? La correspondance se fiche du passé. Plutôt que de donner le nom d’une rue : lire un extrait du livre qu’on avait par hasard sur soi à ce moment-là.

Enfin, on arriva de l’autre côte du décor. Ce soir-là, des poutres retenaient le ciel, des tuyaux creux soutenaient les murs, un arbre-méduse tombait, quelques autres fenêtres fermaient leurs yeux pâles.

Sur un écran, d’autres écrans, réglages, projection des minutes à venir, floues et inverses, on vit passer ce qui aller passer (on allait voir ce…) (et dans sa tête, écrire déjà puis vite se taire).

Et il fallut un architecte pour réécrire l’espace des reflets, libérer les jambes des bâtons des chaises, incliner un peu plus un penchant qui déjà tous nous rapprochait ici.

Emmanuel Delabranche commença, il aurait voulu une ville.

Juliette Mézenc brisa toute alarme.

Mathilde Roux ne tint plus l’infime en place.

Cécile Portier, donna le coup de sifflet central.

(Pour pause on regardera le public, attentif, sans avoir le temps de cliquer dessus.)

Olivier Hodasava se téléporta vingt fois sur mille.

Lentement…
Anne Savelli ouvrit la fenêtre d’un musée possible.

Et…
Plus le temps pour les photos.
Fermez les yeux. Ce n’est pas fini. Ce n’est jamais fini. Lisez, écrivez, lisez, il en restera toujours quelque chose, même sans enregistreur, toujours quelque chose.

Les souvenirs dans les miroirs s’entrechoqueront à n’en plus finir.

Énergie qui fera écrire des lignes et des lignes, des pages à tourner ou à faire défiler sur tous les blogs.

On s’allongera sur les plafonds de verre, pour contempler les électricités molles.

Et un autre jour, revenant ici, on marchera sur la structure, on rebondira dans ses filets, on déballera nos propres ponts du ciel.

Et ainsi de suite, de blog en oloé en blog on se dépêchera- kuchera.

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