…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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La panne

mise en ligne : samedi 23 janvier 2010

Les deux cheminées de la centrale nucléaire. L’autoroute. Le champ des six éoliennes.

Stéphane, seul, marche sur le bas côté.

L’alignement des pylônes électriques, et ces câbles qui les relient. Le hangar métallisé de l’usine d’embouteillage. Le péage.

Stéphane regarde le sol où il marche, juste devant ses pieds. Il regarde aussi le ciel, couvert, un peu gris, mais sans pluie.

Le parking du centre commercial et ses quelques arbres trop jeunes pour faire de l’ombre. La quatre voies. La cité HLM au nord de la zone industrielle.

Stéphane ne marche plus sur le bas côté. Il marche à travers un champ où le blé jeune est encore vert.

Le vieux frigidaire. La Renault 5 rouillée sans roue, sans siège, sans moteur. Les sacs plastiques gonflés par le vent.

Stéphane tape du pied des morceaux de métal oxydé. Les mains dans les poches, il marche dans les herbes folles, sur la terre un peu humide. Il s’arrête en haut d’une butte, regarde la barre d’immeuble. Le bâtiment C.

Dans les fissures du trottoir, de l’herbe pousse. Les lampadaires. Les tags sur les murs, les voitures garées. Les milliers de fenêtres carrées.

Stéphane reconnaît sur les murs quelques lettres qu’il a dessiné à la bombe, il y a bien des années. Escalier 4. La boîte aux lettres qui ne porte plus son nom. Les marches, le mur tapissé de beige, les veilleuses sans ampoule.

Paillasson. Sonnette. Porte.

Stéphane sonne. "Maman ! La sonnette, la sonnette". Jamila ouvre.

— Je suis tombé en panne sur l’autoroute.

— Entre, Cynthia est impatiente.

— Papa !

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