…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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L’impasse qui se terminait en ciel bleu

mise en ligne : samedi 23 janvier 2010

La rue qui menait chez lui n’était pas plate : déformée par les étés et les hivers, les pluies et les sécheresses. Bitume coulé il y a trop longtemps. Des fissures laissaient apparaître de la terre. Terre déposée par le vent sur d’anciens pavés avant que le bitume chaud ne soit posé.

La rue qui menait chez lui était étroite, finissait en coin, s’arrêtant juste après un virage serré. Il habitait au troisième étage. Voyait un peu le ciel en se penchant à la fenêtre. En passant par sa rue ou par la rue qui menait à sa rue, on le voyait souvent accoudé à son appui de fenêtre.

Nécessairement, quand il rentrait de quelque part, il prenait la rue qui menait chez lui. Il aurait aimé prendre la rue vers chez lui pour aller vers quelque part d’autre, mais cela était impossible. Car c’était une impasse qui finissait en coin après un virage serré. Comme la rue était étroite, il s’arrangeait pour dépasser sa porte, faisant mine d’aller quelque part. Pendant quelques mètres, c’était comme s’il était allé ailleurs, parti de chez lui, loin de chez lui. Finalement, il devait rentrer, faire demi tour au bout de la rue qui finissait en impasse, revenir sur ses pas, et alors il voyait la rue comme il la voyait quand il sortait de chez lui pour aller ailleurs. Dans ces moments là, bien qu’il ne rentrait que chez lui, il était heureux.

La rue qui menait chez lui n’était pas plate.

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