…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Heissler, Deborah. Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe

mise en ligne : dimanche 9 juin 2013
C'est un jour
fait de mille jours. Une fois encore, je caresse doucement l'écorce aux profondes gerçures, toute tigrée de mousse et de lichens.
 
Sous l'arc des aulnes, peut-être couvert de quelque plante grimante — du lierre ou bien ? — le ruisseau se brise. C'est comme si cela devait se produire quand on descend dans l'obscurité. Je retrouve un lieu sans mémoire, absent et familier tout ensemble.
Ici
le dépliement des premières feuilles du tilleul. Là-bas la terre et les arbres imprégnés d'humidité — le ciel froid, bleu pâle. Une cascade éparse sur la pente du feuillage. Une touche de soleil un peu trop vive et le blanc absolument pur de quelques fleurs. Seules les plus hautes feuilles cèdent à la bise.
Le bruit
des feuilles sèches sur les dalles, un bruit léger. Et puis les chicorées. Ce bleu d'enfants, un bleu toujours aussi céleste. La mousse aveugle sur chaque tuile, au cœur du jardin qui s'ensauvage sans retour, a presque la couleur de la nuit.
 
Cette foison d'iris fleuris, oublieux lentement de leur nom. Presque trop de silence et de vide aussi dans tout cela. Et le temps assez frais.

Deborah Heissler. Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe. Cheyne, 2011.

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Deborah Heissler  
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