…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Village en cours

mise en ligne : mardi 11 juin 2013

10 juin 2013

Dans mon Village, texte en cours, j’avance par contournements, détournements, hésitations, effacements et ajouts, en essayant de lier le tout. En recomposant, déplaçant.

Bref, ça me ferait du bien d’en poser un cour extrait ici, si ça ne dérange pas.

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Il y a aussi, chez les Magnier par exemple, la moquette écrasée, aplatie, d’une couleur sombre qui ne vieillit pas, ne ternit ni ne jaunit, moquette dense, prison de la poussière, elle fait oublier le plancher dessous (à quoi peut-il ressembler ?) ou le carrelage (à moins qu’il ne s’agisse directement d’un coulée de ciment ?), ou encore les tomettes, leur rouge passé, historique. La moquette pas même allergène tant elle est vieille, écrasée, rien ne peut en sortir, pas un souffle, comme un sol en dur, comme un vrai sol — pourquoi avoir ces mots en tête : vrai sol ? Qu’est-ce qui fait de la moquette, couleur de limon, un élément particulier du sol ? Les pieds reposent tôt sur cette chaleur agaçante, irritante, si bien qu’on ne sait pas d’où vient le chaud : de l’isolation thermique ou du frottement vite insupportable, qui accroche tout en glissant et qui glisse en empêchant ? Sable mouvant immobile, empêcheur de ramper ou de marcher pieds nus alors que précisément sa nature est de permettre le contact confortable préférable au carrelage froid de la salle à manger ou du salon. Alors s’asseoir, au pied des étagères, ne plus bouger comme dans un terrain miné ou chaque pas peu coûter, prendre un livre et s’y plonger, planer au-dessus des choses, moquette et brique, par les pages, seul véritable sol, ici, à nous porter, surtout chez les Magnier qui ont cette collection d’anticipation illustrée, voyages dans l’espace, OVNI, voyages dans le temps. Et dans leur salon, sur un meuble bas en bois de merisier verni sombre, sur un napperon en dentelle dont un coin tombe un peu devant, au-dessus de la double-porte du placard qu’on ne s’attendrait pas à trouver dans un meuble si petit, un napperon un peu gris, pas souvent lavé, la télé est allumée. Et si nous sommes dimanche après-midi, c’est un téléfilm anglais qui passe, Chapeau melon et bottes de cuir, dont le titre anglais, si autre, te laisse, par sa différence même, perplexe, The avengers. Ce générique, au moment du titre, sous-titré… tu te demandes bien pourquoi ce passage de l’un à l’autre titre, si différent, si plus clair en français, ce qui sème encore plus d’incompréhension, un doute sans objet qui balaye le peu de sens que le monde peut, parfois, prendre, ou avoir l’apparence de prendre.
« Du lait Monsieur Plumer ? — Oui, s’il vous plaît. »
« Melville, avez-vous fourni des faux renseignements à vos coéquipiers qui aient pu mettre leur vie en danger ? — Non ! »

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