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RATP marxisme

mise en ligne : jeudi 27 juin 2013

24 juin 2013

(Vu sur un bus RATP.)

Nous apprenons que ne serons pas pressés comme des citrons mais comme des oranges.

Voilà qui change du tout au tout dans le rapport d’exploitation. Une couleur, une simple couleur.

Comme de voir la vie en rose.

Comme les lunettes de Cugel l’astucieux, qui transforment ce qu’il voit du monde inculte d’une Terre qui meurt sous un soleil dilaté et rouge ; il les chausse et le monde qui se présente à lui n’est non plus affamé et terne, mais riche, coloré, luxuriant, un paradis. (Ensuite, il ne voudra plus retirer ses lunettes.) [1]

Non, cela ne change rien, en fait, le message est clair : revendre son énergie. Pouvait-on faire plus clair ? Il s’agit bien de vendre sa force de travail (d’un "vous", nommé, à un "nous", pas nommé, qu’on déduit être Lidl), de se faire presser comme une orange, parce que le travail n’est rien d’autre, et qu’une orange est moins acide qu’un citron, plus douce, sucrée.

C’est l’exploitation sucrée, et c’est ainsi, et pas autrement, que va le monde, n’est-ce pas ?

Alors, à bien lire, c’est correct : le contrat est clair, évident, honnête. Il ne reste plus qu’à le parapher tel quel, n’est-ce pas ?

[1] Un passage du roman de Jack Vance, de mémoire. Il s’agit peut-être d’une lentille violette. Enfin, si je me trompe, ce n’est pas grave, mieux vaut, pour le présent texte, considérer ma version.

Mots-clés

travail   corps  
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