…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Le mot de rue.

mise en ligne : vendredi 5 juillet 2013

Un mot que l’on rencontre en de nombreuses occasions. Comme :

je marche dans la rue (précisément sur le trottoir, mais on dira la rue par synecdoque puisque le trottoir est bien dans la rue)
je marche dans la rue (piétonne, ici, ça marche pour toute zone comprise entre les deux murs des façades opposées)
je traverse la rue (regarder à gauche, puis à droite puis une dernière fois à gauche)
j’emprunte la rue
je me suis trompé de rue (en fait je voulais aller boulevard , mais un boulevard est-il une rue ?)
je te retrouve
j’habite au rue
je l’ai croisé(e) rue (mais c’était peut-être une avenue)
t’es où ?
je sors dans la rue
tu es dans la rue
il vit dans la rue (souvent à la troisième personne)
elle chante dans la rue (de vieux airs parisiens pour les touristes, à Montmartre)
cette rue craint (un coupe-gorge)
cette rue est très côtée (le coupe-gorge porte une cravate derrière les colonnes d’annonces de sa vitrine)
cette rue n’est plus comme je l’ai connue, tu l’aurais vue y’a seulement vingt ans ! (à Shanghaï on dira 5 ans, à Commercy 50, et à on dira ans)
une rue peut-être une impasse, un sentier, un chemin, une allée, une voie, une chaussée, un carrefour, une place, un mail, un passage, un quai, une promenade, et d’autres choses encore.
on pourra dire :
c’est une rue historique, commerçante, bobo, calme, animée, pavée, à sens unique, en travaux, en coude, en cul-de-sac (une impasse quoi), qui monte (ah bon ? elle descend pas ?), qui va être refaite, à stationnement alterné, à magasins de guitares (dont un pour bassistes gauchers), à restaurant (indiens, japonais, pas chers, etc.), à bars (et à bagarres, rue de la Soif), à sex-shops (et les putes elles sont où ?), à touristes, à stars refaites du portrait (on le dit rarement), à hommes politiques (ça on dit jamais), à girafes (non plus), que j’ai jamais pigée (ce que dit un local, mais d’à côté), que je déteste (quelqu’un avec un mauvais souvenir à cet endroit), que je ne fréquente plus (un déclassé, ou surclassé), où j’ai bossé je crois (une victime du turn-over), à immigrés que je t’y fouterais un coup de karcher (un homme politique), qu’il faut faire entrer dans le XXIé siècle (un homme politique, peut-être le même, ou un promoteur immobilier), aérée (une large avenue sans doute), toute droite (une rue toute droite), que j’avais oubliée (ou une impression de déjà-vu), où j’ai grandi (quelqu’un de vivant), etc.

Mots-clés

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